«L’UE est toujours traumatisée par le Brexit», déclare le chef de la diplomatie


Principaux renseignements

  • Bruxelles exhorte le Royaume-Uni à privilégier l’intégration en matière de sécurité plutôt que son adhésion politique.
  • Londres cherche à renouer des liens tout en faisant face à l’instabilité politique intérieure et aux revers économiques.
  • Les politiques industrielles protectionnistes de l’UE menacent d’entraver les objectifs collectifs de défense européenne.

La responsable de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, a averti que les séquelles émotionnelles du processus tumultueux du Brexit persistaient encore parmi les responsables à Bruxelles. Lors de discussions avec le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, Kallas a suggéré qu’au lieu de chercher immédiatement à réintégrer l’Union, Londres devrait se concentrer sur son intégration dans les structures de sécurité européennes actuelles. Elle a insisté sur une approche progressive, faisant valoir qu’une collaboration concrète devrait précéder toute discussion concernant un réalignement politique plus global.

Tensions diplomatiques

Ce dialogue s’inscrit dans le cadre des préparatifs des deux parties en vue d’un sommet entre l’UE et le Royaume-Uni prévu le 20 novembre. Bien qu’il existe une volonté commune de renforcer le partenariat, la voie à suivre pour y parvenir reste controversée. L’actuel gouvernement britannique, dirigé par le Premier ministre Andy Burnham, a exprimé le souhait de renouer des liens dans divers domaines, notamment l’énergie, le commerce et l’éducation. Burnham a notamment laissé la porte ouverte à d’éventuelles renégociations concernant l’adhésion. Les responsables de l’UE avertissent toutefois qu’un tel processus serait politiquement épuisant et conduirait à une profonde polarisation des deux côtés.

Revers économiques

Wes Streeting a reconnu les revers économiques résultant du départ du Royaume-Uni, mais a appelé à faire preuve de modération dans le débat sur l’adhésion. Il a qualifié l’ouverture du Premier ministre à discuter d’un retour dans l’UE de geste audacieux, compte tenu de l’instabilité politique interne entourant cette question. Malgré cela, les relations entre le Royaume-Uni et l’Union ont connu des frictions, comme la décision de Londres de ne pas participer au programme de prêts «Security Action for Europe» en raison de désaccords sur les coûts d’adhésion substantiels.

Industrialisation de la défense

La sécurité et le soutien militaire à l’Ukraine ont été au cœur des récentes réunions. Les deux parties ont évoqué la menace d’une agression russe et de la guerre hybride. Streeting a souligné la nécessité d’intensifier la production de l’industrie de défense en Europe afin de relever ces défis. Il a toutefois exprimé sa crainte que l’initiative « Made in Europe » de l’UE, qui privilégie les fabricants européens, ne dégénère en un protectionnisme contre-productif. Le Royaume-Uni n’étant plus membre du marché unique, il reste exclu de cette stratégie industrielle. Streeting a donc averti qu’une politique trop restrictive pourrait entraver les objectifs généraux de l’Europe en matière de sécurité. (ev)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus