Principaux renseignements
- L’Islande se prononcera samedi sur la question de savoir s’il convient de reprendre les négociations en vue d’une éventuelle adhésion à l’UE.
- Les opposants craignent que les quotas de l’UE ne mettent en péril des ressources halieutiques vitales.
- Ce référendum indiquera si l’Union peut retrouver son élan d’expansion.
L’Islande organise samedi un référendum décisif visant à déterminer si le pays doit reprendre les négociations en vue de son adhésion à l’Union européenne. La Première ministre islandaise, Kristrún Frostadóttir, a qualifié ce scrutin de scénario « maintenant ou jamais ». Elle laisse ainsi entendre qu’un résultat négatif entraînerait l’abandon, pour une durée indéterminée, de la tentative d’adhésion à l’UE. Bien qu’un « oui » n’entraîne pas une adhésion immédiate, il autoriserait le gouvernement à rouvrir les négociations. Une décision définitive concernant l’adhésion à l’Union serait alors prise lors d’un prochain référendum en 2028.
Une histoire politique mouvementée
Les relations du pays avec l’UE ont été mouvementées au cours des quinze dernières années. À la suite de l’effondrement financier de 2008, l’Islande a cherché à bénéficier de la stabilité offerte par l’UE en 2009. Cependant, un glissement vers l’euroscepticisme a conduit un nouveau gouvernement à geler ces discussions en 2013 et à annuler officiellement la candidature en 2015. L’actuelle coalition pro-UE est arrivée au pouvoir en promettant de remettre cette question sur la table publique.
Une nation divisée
L’opinion publique reste très divisée ; les récents sondages indiquent une impasse statistique. Certains sondages faisaient apparaître une légère avance pour le camp du « oui ». Des données plus récentes de Gallup et Maskína suggèrent toutefois que les résultats sont trop serrés pour permettre de faire des prévisions, le taux de soutien oscillant autour de 50 pour cent pour les deux camps. Malgré cette incertitude, la participation au vote anticipé est remarquablement élevée. Près de 15 pour cent de la population a déjà voté avant le jour officiel du scrutin.
Les arguments en faveur de l’intégration
Le débat porte sur le conflit entre intégration économique et souveraineté nationale. Les partisans font valoir que l’adhésion à l’UE renforcerait l’économie, garantirait une monnaie plus stable grâce à l’euro et offrirait un bouclier stratégique contre les droits de douane américains. Ils soulignent également les avantages de pouvoir faire entendre leur voix dans la gouvernance européenne et d’avoir accès aux financements de l’UE.
Inquiétudes concernant la souveraineté et les ressources
Les opposants craignent en revanche une perte d’autonomie, notamment en ce qui concerne les ressources maritimes vitales du pays. La pêche représentant une part importante du PIB et des exportations de l’Islande. La crainte est grande que les quotas de pêche de l’UE ne permettent à des navires étrangers d’accéder aux eaux islandaises. Par ailleurs, la pratique controversée de la chasse à la baleine reste un sujet de discorde. L’adhésion à l’UE pourrait en effet menacer ce secteur.
Implications régionales et mondiales
Au-delà de ses propres frontières, le résultat est suivi de près par d’autres nations nordiques prospères, telles que la Norvège. Pour l’UE, un résultat positif signifierait un regain d’appétit pour l’expansion et un regain de dynamisme après le départ du Royaume-Uni. Les résultats définitifs de ce vote consultatif sont attendus tôt dimanche matin. (ev)
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