L’introduction en Bourse ‘à la Spotify’ va devenir plus attractive

Le New York Stock Exchange (NYSE) permettra aux sociétés d'émettre de nouvelles actions dans le cadre d'une cotation dite directe. Dans le passé, cela n'était pas possible.
epa06643600 A view of signage for Spotify at the New York Stock Exchange during the company’s Initial Public Offering in New York, New York, USA, on 03 April 2018. EPA-EFE/JUSTIN LANE

Le New York Stock Exchange (NYSE) va permettre aux sociétés d’émettre de nouvelles actions dans le cadre d’une cotation dite directe. Dans le passé, cela n’était pas possible.

C’est de cette façon que le service de streaming musical Spotify et l’application de messagerie d’entreprise Slack sont entrés en bourse.

Dans le passé, aucune nouvelle action n’était émise lors d’une cotation directe, les investisseurs pré-existants mettaient simplement leurs actions sur le marché. Cela signifie qu’aucune somme d’argent n’était collectée. Pour de nombreuses entreprises, cela n’était pas une option car elles avaient besoin de cet argent pour investir.

Coûts réduits

Un référencement direct présente d’autres avantages. Par exemple, il n’y a pas de banques impliquées devant accompagner l’introduction en bourse ni augmenter ou stabiliser le cours de l’action si elle devait chuter fortement dans les premiers jours. Cela permet d’économiser beaucoup d’argent.

Il n’y a pas non plus de période de blocage pour les actionnaires déjà existants. Dans le cas d’une introduction en bourse traditionnelle, les investisseurs ne sont pas autorisés à vendre leurs actions pendant un certain temps. Habituellement, elle fluctue après les six premiers mois environ. Or, cela ne s’applique pas à la cotation directe, ce qui peut faciliter l’introduction en bourse, puisque les investisseurs s’y présenteront plus facilement.

Prenons l’exemple d’Uber: la plateforme est entrée à la bourse de New York en mai à 45 dollars par action et est maintenant 29 % plus bas à 29,53 dollars par action. De nombreux investisseurs initiaux ont ainsi vu une grande partie de leurs investissements partir en fumée.

La notoriété de la marque

La principale raison pour laquelle ce type d’introduction en bourse n’a pas eu lieu plus souvent est qu’aucun capital supplémentaire ne pouvait être levé. Mais cela est sur le point de changer.

Est-ce une menace pour l’introduction en bourse traditionnelle ? ‘Non’, répond Tom Simonts, économiste à la KBC. Mais cela remet en cause l’hégémonie des grandes banques d’investissement.

‘Les sociétés continueront à s’introduire en bourse de la manière habituelle’, indique-t-il. Un listing direct est particulièrement intéressant pour les entreprises qui ont déjà une notoriété de marque et qui n’ont pas besoin de toute la publicité. Des conseillers seront également toujours nécessaires. WeWork en est un bon exemple. Cette entreprise est tellement embourbée qu’elle ne pourra pas s’en sortir sans l’aide d’une banque d’investissement…’

Petites entreprises

D’un autre côté, cela pourrait conduire à plus d’introductions en bourse, mais elles ne seront pas forcément les plus intéressantes. ‘C’est en effet un double aspect. Les bourses veulent avoir le plus d’entreprises possible sur leurs tables, mais de préférence de grandes entreprises qui font beaucoup d’argent. Cette mesure facilite l’entrée en bourse des petites entreprises, ce qui n’est pas toujours intéressant.’

Cette mesure fait suite à de vives critiques de la part des grands fonds d’investissement de l’introduction en bourse traditionnelle. Nombre d’entre eux en bénéficieront car ils pourront récupérer le fruit de leurs investissements plus rapidement.