Principaux renseignements
- L’instabilité géopolitique supplante désormais l’inflation en tant que principale crainte financière des Belges.
- Les jeunes adultes préfèrent massivement les investissements personnels aux retraites de l’État.
L’instabilité géopolitique mondiale est devenue la principale source d’inquiétude financière des citoyens belges, dépassant les préoccupations antérieures telles que la hausse des prix et le niveau des salaires.
L’inflation cède la place aux inquiétudes géopolitiques
Selon une étude récente menée par le gestionnaire d’actifs numériques Easyvest, qui a interrogé 1 000 personnes entre mai et juin 2026, environ 30,8 pour cent des personnes interrogées considèrent la géopolitique comme leur principale préoccupation.
Cela marque un changement significatif par rapport aux résultats de 2024, où l’inflation était la question la plus pressante. Si l’inflation et le niveau des revenus préoccupent toujours respectivement 17,7 pour cent et 15,6 pour cent de la population, ils n’occupent plus la première place.
Influence de la richesse
Les données suggèrent une corrélation entre la richesse et ces préoccupations. Parmi les ménages gagnant entre 1 500 et 3 000 euros par mois, environ 20 pour cent considèrent les risques géopolitiques comme prioritaires, un chiffre qui grimpe à 30 pour cent pour ceux gagnant plus de 3 000 euros. En substance, à mesure que les besoins financiers fondamentaux sont satisfaits, l’attention se porte davantage sur l’instabilité mondiale.
La seule exception concerne la tranche d’âge des 18-29 ans, pour laquelle les coûts concrets – tels que le logement (25 pour cent) et l’inflation (22,5 pour cent) – restent les principales préoccupations. Matthieu Remy, PDG d’Easyvest, note que les Belges prennent désormais conscience que leur épargne est vulnérable à l’instabilité internationale.
Évolution des stratégies de retraite
En ce qui concerne les stratégies de retraite, on observe une nette divergence dans la manière dont les gens planifient leur avenir. Alors qu’environ 27 pour cent de la population générale compte principalement sur les retraites de l’État, près de la moitié (47,7 pour cent) privilégie les investissements personnels.
Cette tendance est encore plus marquée chez les moins de 30 ans, parmi lesquels 51 pour cent préfèrent investir plutôt que de compter sur la retraite de l’État, sur laquelle seuls 5,1 pour cent des jeunes adultes s’appuient. Cette préférence s’explique probablement par le horizon temporel plus long dont disposent les jeunes investisseurs pour faire fructifier leur capital.
« Richesse du bonheur »
L’étude s’est également penchée sur le concept de « richesse du bonheur », c’est-à-dire la somme d’argent nécessaire pour se sentir en sécurité financièrement. L’objectif médian reste fixé à 1 million d’euros, ce qui correspond aux données de 2024, bien que ce chiffre varie selon les catégories démographiques.
Les chefs d’entreprise et les indépendants visent plus haut, avec un objectif supérieur à 1,5 million d’euros, tandis que les salariés s’en tiennent généralement à la barre du million. Des différences entre les sexes sont également observables : les femmes citent 750 000 euros comme seuil, contre 1 million pour les hommes.
Exigences croissantes en matière de tranquillité financière mensuelle
Enfin, le « revenu de bonheur » – la somme nette mensuelle nécessaire pour avoir l’esprit tranquille sur le plan financier – a augmenté. Ce chiffre est passé de 5 500 euros en 2024 à 6 000 euros cette année. Selon Remy, cette augmentation indique que les Belges souhaitent disposer d’une réserve financière plus importante pour faire face à un contexte mondial de plus en plus imprévisible.
(at)
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