Vent de panique vendredi sur les marchés face au retour de l’inflation. De quoi pousser la Réserve fédérale (Fed) à relever plus intensivement les taux d’intérêt ?
L’indicateur préféré de la Fed montre le retour de l’inflation

Pourquoi est-ce important ?
Après des mois de baisse de l'inflation, les prix stagnent, voire tentent à augmenter à nouveau. Soudainement, les marchés reprennent peur face à la politique de la Banque centrale américaine.Dans l’actu : le retour de l’inflation aux États-Unis ?
- L’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE), la mesure de l’inflation préférée de la Réserve fédérale, a augmenté de 0,6 % en janvier, soit trois fois plus vite qu’en décembre.
- Cet instrument mesure le comportement des consommateurs américains, plutôt que les prix. Par exemple, le prix des œufs a augmenté de 8,5% en janvier. Mais si personne ne les achète, car ils sont trop chers, les œufs restent sur les étagères et ne contribuent pas à faire augmenter l’inflation. Dans ce cas-ci, l’inflation indique que les consommateurs ont continué à acheter des œufs malgré les prix élevés, et plus encore.
- Selon le Bureau of Economic Analysis du département du commerce, les prix ont augmenté de 5,4 % en janvier par rapport à l’année précédente. En décembre, les prix ont augmenté de 5,3 % sur un an. Ce qui montre que l’inflation, a minima, se stabilise et ne redescend plus.
La réponse : la Fed va-t-elle augmenter plus fortement les taux d’intérêt ?
- Un certain consensus était tombé la semaine dernière : trois hausses des taux d’intérêt de 25 points en mars, mai et juin, ce qui aurait porté le pic de l’inflation autour des 5%.
- Depuis vendredi et l’annonce du PCE, l’horizon s’assombrit et une hausse de 50 points n’est plus à exclure en mars, ce qui porterait le pic des taux d’intérêt à 5,25%, voire au-delà.
L’essentiel : le rallye boursier du début d’année est-il terminé ?
- Les trois grands indices boursiers américains ont clôturé la semaine par leurs plus grosses pertes hebdomadaires de l’année 2023.
- Le S&P 500 a chuté de 2,7 %. Le Dow Jones Industrial Average a plongé de 3 %, et le Nasdaq, à forte composante technologique, de 3,3 %.
- Le consensus tourne toujours autour d’une année 2023 compliquée, avant une reprise durable des marchés en 2024.
L’inflation est faite d’éléments temporaires et persistants, ce qui « défie toute explication simple et parcimonieuse », a tempéré Philip Jefferson, un gouverneur de la banque centrale américaine, cité par CNN Business.
La peur que la désinflation soit lente et douloureuse ressurgit, avec forcément la crainte qu’il faille, quoi qu’il arrive, passer par une récession. « Il est important que les marchés comprennent que l’absence d’atterrissage n’est pas une option », a déclaré Peter Hooper, vice-président de la recherche à la Deutsche Bank. Si les données récentes indiquent que l’économie américaine reste forte, « d’ici le milieu de l’année, nous nous attendons à voir arriver de mauvaises nouvelles et plus tôt les marchés recevront ce message, plus cela sera utile à la Fed », a-t-il ajouté.