Principaux renseignements
- Le décret flamand sur l’azote reste dans l’incertitude juridique dans l’attente d’une décision de justice reportée.
- Les agriculteurs sont confrontés à des charges financières disproportionnées par rapport aux géants industriels protégés.
- Une annulation potentielle menace des infrastructures essentielles, de l’aéroport de Bruxelles aux centrales nucléaires.
Les secteurs agricole et industriel en Flandre restent dans une impasse juridique, la Cour constitutionnelle ne devant probablement pas rendre de décision cette année concernant le décret controversé sur l’azote. Ce retard signifie que l’incertitude entourant cette législation persistera pendant plus de trois ans depuis sa mise en œuvre. C’est ce qu’écrit De Tijd.
L’affaire, portée devant la justice il y a deux ans par des associations environnementales et des organisations agricoles, est devenue un point de tension crucial pour l’économie et le paysage politique de la région.
Impact sur les agriculteurs et l’industrie
Ce décret, finalisé début 2024 après une longue période d’instabilité gouvernementale et de multiples accords politiques, vise à réduire les émissions d’azote afin de respecter les normes européennes.
S’il a permis à environ 800 agriculteurs et à plusieurs grands acteurs industriels d’obtenir des autorisations, il fait peser un lourd fardeau sur les éleveurs.
Garanties pour les grandes entreprises chimiques
Ces producteurs sont contraints soit de réduire leurs activités, soit de réaliser d’énormes investissements financiers dans des technologies de réduction des émissions. De nombreux petits éleveurs de porcs ont déjà cessé leur activité, en partie parce qu’ils ne bénéficient pas des garanties gouvernementales accordées aux géants de la chimie tels que BASF et Ineos.
Conflits d’intérêts
Les défenseurs de l’agriculture affirment que la loi est discriminatoire, arguant qu’elle vise l’agriculture de manière bien plus agressive que le secteur industriel. À l’inverse, les écologistes estiment que ces mesures sont insuffisantes pour protéger les écosystèmes fragiles. Si la Cour décidait d’annuler le décret, les répercussions s’étendraient bien au-delà du secteur agricole ; divers permis de grande envergure pourraient être invalidés. Cela inclut l’exploitation de l’aéroport de Bruxelles, la rénovation du ring de Bruxelles et l’extension des centrales nucléaires.
Complexité juridique
La durée inhabituelle de la procédure judiciaire s’explique par l’extrême complexité de l’affaire. La Cour est saisie d’un dossier de plus de 3 000 pages et impliquant près de 20 parties différentes, parmi lesquelles des organisations patronales et de grandes entreprises. Des experts juridiques, dont la professeure Patricia Popelier, ont souligné que cette durée prolongée est exceptionnelle et porte atteinte à la sécurité juridique.
Étant donné que le Conseil d’État avait déjà critiqué le décret, il existe une forte probabilité que la cour annule au moins certaines parties de la législation. (fc)
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