- L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) souhaite éviter que le seuil pour consulter un médecin généraliste ne soit relevé.
- C’est pourquoi l’INAMI appelle le gouvernement fédéral à ne pas augmenter les tickets modérateurs chez les médecins généralistes, mais à le faire uniquement chez les spécialistes et lors des visites à l’hôpital.
- Le gouvernement fédéral prépare cette augmentation dans le cadre de la recherche de 7 milliards d’euros pour rééquilibrer le budget cet été.
Un groupe d’experts de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) appelle à n’appliquer l’augmentation prévue des tickets modérateurs chez les médecins qu’aux spécialistes et non aux visites chez le généraliste. Une augmentation chez le généraliste pourrait en effet entraver l’accès à des soins abordables, avertissent les experts.
La recherche de 7 milliards
Le gouvernement fédéral cherche des moyens de réaliser 7 milliards d’euros de recettes ou d’économies supplémentaires, et l’une des options est d’augmenter le ticket modérateur. Il s’agit du montant que les patients doivent encore payer lors d’une visite chez le médecin après un remboursement partiel de leur mutualité. Que cette mesure soit prise était déjà acquis. Seule la mise en œuvre détaillée doit encore être déterminée.
Garder les seuils bas
L’INAMI appelle à ne pas augmenter les seuils qui pourraient empêcher les gens d’aller chez le médecin. Sans intervention majorée, les Belges paient pour une consultation chez un médecin conventionné entre quatre et huit euros, après remboursement de la mutuelle. Avec l’intervention majorée, ce montant est encore plus que divisé par deux et les patients ne paient souvent qu’un à trois euros. Chez un médecin non conventionné, un supplément d’honoraires peut s’ajouter. Celui-ci n’est jamais remboursé.
Environ 21 pour cent des Belges consultent leur médecin généraliste avec intervention majorée. Cela peut se faire avec ou sans système de tiers payant, où le patient ne paie que le ticket modérateur et le reste de l’honoraire est payé au médecin via la mutuelle. De cette façon, le patient n’a pas à avancer cet argent. Cependant, les coûts de ce système ont énormément augmenté ces dernières années. Une adaptation était donc devenue inévitable. La question se pose de savoir si trop de Belges ne bénéficient pas de cette intervention. Seul un Belge sur dix vit autour du seuil de pauvreté, alors que le double de ce nombre peut donc consulter le médecin à moindre coût.
D’après le rapport de l’INAMI, il ressort qu’une augmentation du ticket modérateur chez le médecin généraliste n’est pas une bonne idée, même pas pour les 79 pour cent de Belges sans droit à l’intervention majorée. Une hausse d’un euro ne rapporterait que 36 millions d’euros par an et augmenterait considérablement le seuil d’accès au généraliste. Les experts avertissent que ce seuil est déjà très élevé pour certains. Une augmentation des tickets modérateurs pourrait finalement entraîner des coûts de santé plus élevés en raison d’une mauvaise prévention.
Alternative du conseil d’experts
Le conseil d’experts de l’INAMI propose de ne pas augmenter les tickets modérateurs chez les médecins généralistes, mais bien de demander un supplément lors des visites chez les spécialistes et dans les hôpitaux de jour, ainsi que pour la réalisation de scanners et de tests de laboratoire.
Pour une visite chez un spécialiste, vous payez environ 12 euros. Les experts souhaitent que ce montant soit porté à 14,50 euros. Cela devrait rapporter 65 millions d’euros pour les caisses de l’État. Rendre les scanners et les tests de laboratoire un quart plus chers devrait rapporter respectivement 19 millions et 35 millions d’euros. De plus, cette augmentation inciterait les gens à utiliser les tests médicaux de manière plus réfléchie.
Enfin, les experts souhaitent que les tarifs pour les hospitalisations de jour et les hospitalisations classiques avec nuitée à l’hôpital soient harmonisés, car les patients d’un hôpital de jour utilisent souvent aussi l’infrastructure de nuit (lits, chambres, matériel d’examen, etc.). Cela devrait encore rapporter 11 millions d’euros.
Décision du gouvernement fédéral
Selon les experts, ces quatre propositions rapportent 127,5 millions d’euros. Le gouvernement fédéral n’a pas encore réagi à l’avis de l’INAMI. Celui-ci doit de toute façon encore passer par le Conseil général de l’INAMI, avant que le gouvernement fédéral ne prenne une décision finale.
Les Belges paient chaque année environ 14 milliards d’euros de leur poche pour des frais médicaux. L’État en paie quatre fois plus. La majeure partie de la contribution personnelle des Belges aux frais médicaux est due aux (tickets modérateurs pour) médicaments et dispositifs médicaux, pour lesquels les remboursements ont déjà diminué. Aucun médicament n’est encore totalement remboursé et il existe un coût de base de deux euros de ticket modérateur par emballage. En soins dentaires aussi, les contributions personnelles sont nettement plus élevées que chez les médecins généralistes, car les dentistes sont plus souvent non conventionnés.
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