L’IA pourra-t-elle bientôt diagnostiquer le Covid-19… au son de la toux?

Daina Le Lardic / Isopix

Des chercheurs de l’université britannique de Cambridge travaillent à la mise au point d’une intelligence artificielle capable de déterminer si une personne est atteinte du Covid-19 en se basant sur le son de sa toux, ou même de sa voix.

Pour entraîner cette IA, l’équipe de scientifiques de Cambridge a développé une application capable de récolter les données nécessaires et baptisée COVID-19 Sounds. Le projet est soutenu par le Conseil Européen de la Recherche au travers du Projet EAR (Audio-Based Mobile Health Diagnostics). Disponible sur PC et smartphone Android (une version iOS sera bientôt mise en service), l’appli permet aux personnes volontaires, qui pensent être atteintes par le covid-19 ou non, de noter l’évolution de leurs symptômes et d’effectuer des enregistrements de voix, de toux et de respiration.

Mais pour parvenir à diagnostiquer la maladie de façon sûre, les chercheurs auront besoin de recueillir les données de centaines de milliers de personnes afin d’affiner leurs algorithmes d’apprentissage automatique.

Télémédecine

Comme l’explique le site du journal français Les Echos, les médecins ont remarqué que les personnes infectées par le virus souffraient souvent d’une toux sèche et présentaient une façon particulière de reprendre leur souffle, ou encore qu’elles avaient tendance à marquer des pauses dans leur respiration.

La prouesse de détecter le Covid-19 par la simple voix constituerait une avancée majeure notamment dans le domaine de la télémédecine, une pratique qui prend une importance de plus en plus grande dans le paysage médicale. Cette méthode de consultation prend en effet tout son sens au cœur d’une épidémie comme celle que le monde traverse actuellement. Et un outil pareil serait une aide précieuse pour tous les médecins qui exercent à distance.

Coughvid

Preuve que la méthode est prometteuse, une application similaire, baptisée Coughvid, a également été développée par le laboratoire suisse ESL (Embedded Systems Laboratory), qui dépend de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Sur le site de l’application, on apprend que l’analyse des sons de la toux, selon qu’elle soit sèche ou grasse, s’est déjà avérée efficace pour diagnostiquer des maladies respiratoires telles que la coqueluche, l’asthme ou la pneumonie.

L’ESL pointe notamment comme avantage majeur de sa méthode le fait que, contrairement aux tests par écouvillonnage naso-pharyngé qui sont physiquement invasifs et doivent être effectués par un clinicien qualifié, le diagnostic par la voix est non invasif et peut être pratiqué à distance, au domicile des malades potentiels, ce qui minimise le risque de contamination.