Le Danemark teste désormais chaque adulte qui le demande

Mette Frederiksen, Première ministre du Danemark – Guldbaek Arentsen/Ritzau Scanpix via AP

Les tests ont fait beaucoup de bruit en Belgique et en France. Leur disponibilité, tôt dans la crise, aurait sans doute permis de mieux l’appréhender et d’isoler les cas positifs pour briser les chaines de contamination. Alors que le nombre de tests fait toujours l’objet d’un débat, le Danemark peut se permettre de voir de l’avant: chaque personne de plus de 18 ans pourra effectuer un test.

En Belgique, les autorités ont eu beaucoup de mal à franchir la barre des 10.000 tests par jour, puis des 25.000. En cause, et au choix, des critères de sélections trop restreints, les capacités des labos, le manque de personnel pour acheminer les tests ou en déterminer les résultats… une véritable saga qui ne connait pas vraiment de fin.

En effet, la semaine dernière encore, le nombre de tests est retombé à 11.000 par jour, alors que le ministre De Backer (Open VLD) assurait que leur nombre était de 20.000 ‘les jours précédents’. Ce n’est plus le matériel qui manque: ‘On pourrait effectuer jusqu’à 45.000 tests par jour, mais nous espérons ne pas devoir atteindre cette capacité’, a-t-il ajouté. Car selon le ministre, cela signifierait un taux de contagion (R0) qui repart à la hausse, avec une vague d’hospitalisations et donc du nombre de tests.

Déconfinement généralisé? Il faut tester !

Une explication qui vaut seulement si on n’effectue des tests que pour les patients atteints de symptômes. Au Danemark, ce n’est plus le cas. Chaque adulte peut désormais se faire tester, malade ou pas, ont annoncé les autorités ce lundi 18 mai: ‘Tous les adultes au Danemark ont la possibilité de prendre de leur propre chef un rendez-vous pour un test de Covid-19 (…) sur le site www.coronaprover.dk’, est-il annoncé dans un communiqué.

La priorité a d’abord été donnée aux personnes âgées entre 18 et 25 ans, soit la tranche d’âge qui comprendrait le plus de cas asymptomatiques.

Une nécessité pour un déconfinement généralisé. En effet, si on veut que ces jeunes revoient leurs grands-parents, il faudra s’assurer qu’ils ne soient pas contaminés par le virus, alors qu’ils ne présentent aucun symptôme. En outre, le Danemark répond à une demande formelle de l’OMS: faire le plus grand nombre de tests possibles. Une demande qui émane du directeur de l’OMS en personne le 6 mars dernier déjà.

Ce lundi, les autorités ont rapporté le plus faible nombre de nouveaux cas depuis la mi-mars, portant le total à 11.166 cas. ‘Nous avons ramené le taux d’infection à un niveau très bas. Il est impératif qu’il n’y ait pas de poches d’infection cachées pouvant faire remonter la circulation du virus’, a expliqué le ministre de la Santé, Magnus Heunicke, cité dans le communiqué.

Le test sera effectué dans l’une des 16 villes choisies à travers le pays, au sein de centres prévus à cet effet. Il s’agit d’un test PCR et non sérologique, c’est-à-dire qu’il indiquera si le patient est positif ou non au moment de faire le test.

Les tests sérologiques repèrent eux l’immunité d’un patient. Leur généralisation soulève encore de nombreuses questions, ici aussi en Belgique.

Le Danemark, pour sa part, est déjà sur la voie du déconfinement généralisé. Le pays a été le premier à rouvrir ses écoles maternelles et primaires en Europe, le 15 avril dernier déjà. Les coiffeurs, les centres commerciaux, les petites entreprises, ainsi que les bars et les restaurants ont suivi par la suite selon un calendrier établi. Pour l’heure, ce déconfinement n’a pas engendré un taux de reproduction (R0) à la hausse, passant même de 1 à 0,7 entre la fin du mois d’avril et la première semaine de mai.