Principaux renseignements
- Certains membres du Parlement européen entretiennent des communications informelles avec des responsables russes malgré un gel officiel des relations au niveau institutionnel.
- Ces contacts soulèvent des inquiétudes quant à l’influence étrangère au sein des institutions de l’UE.
- La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne l’importance de l’élargissement de l’UE pour prévenir l’influence extérieure d’acteurs tels que la Russie, la Turquie et la Chine.
Le Parlement européen fait l’objet d’une attention renouvelée concernant les communications informelles entre ses membres et des responsables russes, malgré un gel institutionnel des relations toujours en vigueur.
Un député européen luxembourgeois suscite la controverse
Le député européen luxembourgeois Fernand Kartheiser a récemment suscité la controverse en partageant les détails d’une « réunion fructueuse et constructive » qu’il a tenue avec des législateurs russes à Istanbul. La réunion, à laquelle auraient participé à la fois des députés européens et des membres de la Douma d’État russe, s’est déroulée en dehors de tout cadre formel prévu pour de tels échanges.
Kartheiser a également invité ses collègues députés européens à assister au Forum économique international de Saint-Pétersbourg en juin, leur proposant son aide pour l’organisation du voyage.
Inquiétudes soulevées à Bruxelles
Cette initiative a suscité des inquiétudes à Bruxelles, où les contacts officiels avec les institutions parlementaires russes sont suspendus depuis 2014 en raison de l’annexion de la Crimée et ont été encore restreints à la suite de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022.
Kartheiser, qui avait auparavant été exclu de son groupe politique pour avoir assisté à un forum économique à Moscou, défend ses actions en les présentant comme des efforts visant à maintenir le dialogue avec la Russie sur des questions telles que l’Ukraine et les sanctions.
Selon certaines informations, ces contacts informels se seraient étendus au-delà de la réunion d’Istanbul et impliqueraient une série de réunions et de vidéoconférences avec de hauts responsables russes. Kartheiser soutient que ses activités sont personnelles et autofinancées, refusant de divulguer les noms des autres participants par crainte de répercussions politiques.
Préoccupations plus générales concernant l’influence étrangère
Le Parlement européen réitère sa position de non-coopération formelle avec les organes parlementaires russes depuis 2014 et confirme l’interdiction d’accès aux locaux du Parlement pour les représentants russes et biélorusses depuis mars 2022. Il reconnaît toutefois que les députés européens ne sont pas liés par un mandat fixe et peuvent entretenir des contacts indépendants, à condition de ne pas représenter l’institution.
Si les registres de transparence n’indiquent pas la participation de députés européens bulgares à la réunion d’Istanbul, la tendance aux contacts informels dépasse le cadre d’une seule délégation nationale. Cette controverse met en évidence des préoccupations plus générales concernant l’influence étrangère au sein des institutions de l’UE.
Des enregistrements divulgués publiés en 2026 suggéraient l’existence de canaux d’influence russes bien établis aux plus hauts niveaux politiques au sein du Conseil européen, ce qui a conduit à des accusations contre un ministre des Affaires étrangères hongrois pour avoir partagé des informations sensibles liées au processus d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.
L’élargissement de l’UE comme contre-mesure
Les enregistrements ont également révélé une communication étroite entre le ministre hongrois des Affaires étrangères et son homologue russe, notamment des discussions sur les sanctions de l’UE et des références à des échanges impliquant Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, souligne l’importance de l’élargissement de l’UE pour prévenir l’influence extérieure d’acteurs tels que la Russie, la Turquie et la Chine. Cependant, la persistance de contacts informels et les scandales récurrents liés à l’influence, tels que ceux impliquant Huawei, le « Qatargate » et la Russie, soulèvent des questions quant à l’efficacité des garde-fous internes et du cadre éthique de l’UE. (fc)
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