Principaux renseignements
- L’UE a infligé une amende de 200 millions d’euros à Temu pour avoir vendu des produits interdits et dangereux.
- Les régulateurs ont condamné les évaluations des risques insuffisantes de la plateforme.
- Les responsables européens intensifient la surveillance des entreprises chinoises afin de garantir une concurrence loyale sur le marché.
L’Union européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros à la plateforme de commerce électronique chinoise Temu pour avoir autorisé la distribution de produits interdits. Les régulateurs ont constaté un manquement grave de la part de l’entreprise, qui n’a pas correctement évalué et géré les dangers systémiques liés à la vente d’articles dangereux, tels que des chargeurs défectueux et des jouets pour bébés dangereux, aux citoyens de l’UE.
Temu compte 130 millions d’utilisateurs
Depuis son arrivée sur le marché européen en 2023, Temu a connu une croissance rapide pour atteindre 130 millions d’utilisateurs. Cependant, cette envergure a attiré l’attention des autorités de régulation. À la suite d’une enquête lancée en octobre 2024, les autorités ont conclu que le détaillant avait gravement sous-estimé la fréquence à laquelle les consommateurs se retrouvaient face à des marchandises illégales.
La commissaire européenne chargée des technologies, Henna Virkkunen, a souligné que la présence massive de Temu sur le marché augmentait le risque que les consommateurs achètent des produits dangereux.
X s’était déjà vu infliger une amende en vertu de la DSA
Cette sanction n’est que la deuxième mesure majeure prise en vertu de la loi sur les services numériques (DSA), après une amende de 120 millions d’euros infligée à X, la plateforme d’Elon Musk. La DSA impose aux grands services numériques de réaliser des évaluations de risques exhaustives afin d’identifier et d’atténuer les préjudices potentiels. La Commission européenne a critiqué l’évaluation de Temu pour 2024, la jugeant insuffisante, et a souligné que la conception de la plateforme facilitait activement la diffusion d’articles dangereux, notamment des bijoux et des hochets contenant des niveaux illégaux de substances chimiques.
Amendes et mesures correctives
Bien que la DSA prévoie des sanctions pouvant atteindre 6 pour cent du chiffre d’affaires annuel mondial d’une entreprise — ce qui serait considérable compte tenu des 61,7 milliards de dollars de bénéfices réalisés par Temu l’année dernière —, les responsables ont déclaré que cette amende spécifique constituait une réponse proportionnée à un manquement d’un an à l’obligation d’évaluation des risques. Pour éviter de nouvelles sanctions récurrentes, Temu doit présenter un plan d’actions correctives d’ici le 28 août. L’entreprise se réserve le droit de contester cette décision devant les tribunaux.
Au-delà de la question des marchandises illégales, l’UE examine toujours si Temu utilise des interfaces addictives qui mettent en danger la santé des utilisateurs et enquête sur les algorithmes de recommandation de l’entreprise.
Tensions géopolitiques plus larges
Cette mesure coercitive coïncide avec un changement plus général de la stratégie de l’UE à l’égard de la Chine. Alors que les dirigeants européens cherchent à protéger leur économie nationale et à garantir une concurrence loyale, l’Union renforce sa surveillance des entreprises chinoises. Cela inclut une nouvelle enquête visant à déterminer si des subventions d’État ont indûment soutenu la tentative de JD.com d’acquérir le détaillant allemand d’électronique Ceconomy. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

