Principaux renseignements
- L’Espagne a rejeté le F-35 américain au profit de 20 Eurofighter Typhoon supplémentaires.
- Cette décision permet de préserver 3 000 emplois dans le secteur aérospatial national et de conserver un savoir-faire technique essentiel.
- L’Espagne privilégie la souveraineté européenne plutôt que la dépendance vis-à-vis de la technologie de défense américaine.
Dans un revirement significatif concernant ses achats militaires, l’Espagne a choisi de ne pas acquérir le chasseur furtif américain F-35 Lightning II, préférant acheter 20 Eurofighter Typhoon supplémentaires. Cette décision marque une rupture notable avec la tendance générale observée parmi les membres de l’OTAN et met en évidence une volonté croissante d’indépendance stratégique européenne en matière de défense.
Coopération européenne
Le choix de Madrid de rejeter le F-35 — élément central de la stratégie actuelle de modernisation de l’OTAN — découle d’une préférence pour l’Eurofighter, fruit d’une collaboration entre le Royaume-Uni, l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.
En donnant la priorité à cette plateforme multinationale, le gouvernement espagnol estime mieux préserver ses propres objectifs géopolitiques et de sécurité à long terme.
3 000 emplois
L’un des principaux moteurs de cette décision est la préservation de l’industrie aérospatiale nationale. Investir dans l’Eurofighter permet de préserver environ 3 000 emplois spécialisés en Espagne, allant de l’assemblage des avions à l’intégration des systèmes et à la maintenance.
Cette stratégie garantit que l’Espagne conserve un savoir-faire technique essentiel et minimise sa dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement externes, s’inscrivant ainsi dans les objectifs plus larges de l’Union européenne visant à atteindre une plus grande autonomie militaire.
La crainte d’une dépendance vis-à-vis des États-Unis
Si le F-35 est l’option furtive la plus récente, l’Eurofighter Typhoon a fait l’objet de nombreuses mises à jour depuis son lancement. Les récentes améliorations en matière de guerre électronique, de fusion des capteurs et de systèmes de missiles l’ont rendu très compétitif et fiable.
Cette réorientation des achats souligne un sentiment européen plus général concernant les dangers d’une dépendance excessive vis-à-vis de la technologie de défense américaine. Dans un contexte d’instabilité mondiale croissante, on observe une volonté de plus en plus forte de préserver des capacités industrielles souveraines. La décision de l’Espagne montre que, si l’OTAN reste une priorité, certains pays européens sont prêts à privilégier la souveraineté technologique régionale plutôt qu’une approche uniforme reposant sur le matériel militaire américain. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

