Les marchés:
Markten inladen...

LUNDI 01 JUIN

Business 24/7

Zoeken
scrollTop top

Les subprimes font leur retour… Mais sous un nouveau nom

Logo Business AM
Économie

06/04/2018 | Audrey Duperron | 4 min de lecture

À l’automne 2008, le monde financier est resté pendant desjours au bord du gouffre, pare qu’un nombre croissant avaient émis des obligations couvertes par des « subprimes », qui se sont avérés plus tard être des crédits toxiques. Dixans plus tard, des produits similaires font leur retour. Seulement désormais,on les appelle des « non-QM » ou « prêts hypothécaires non qualifiés ». L’annéedernière, ils ont été le produit qui a connu la plus forte croissance dansl’offre bancaire.

Les subprimes

Les subprimes ou prêts hypothécaires à haut risque, sont desprêts accordés à des emprunteurs jugés moins fiables. Les institutionsfinancières qui les accordent acceptent de prendre un risque de défaillanceplus élevé, en échange d’un taux d’intérêt (et donc de rendement pour elles)plus élevé. Le terme « subprime » fait référence à la cote de crédit desemprunteurs. « Prime » provient de « primelending rate« , le taux d’intérêt préférentiel qui est accordé auxemprunteurs les plus solides, qui présentent le plus de garanties. Lorsque lacote de crédit de l’emprunteur n’atteint pas ces standards, on parle alors de « subprime » (inférieur au taux préférentiel), qui fait référence à cettecotation, insuffisante pour obtenir un crédit hypothécaire aux meilleuresconditions.

Autrement dit, les banques ont prêté de l’argent à despersonnes ayant de mauvais antécédents de crédit ou à des personnes quin’avaient tout simplement pas ou pas assez de revenus pour rembourser ces emprunts. Parexemple, certains Américains ont pu acheter une maison et emprunter 110 % dumontant requis sans verser d’acompte ou prouver qu’ils avaient un revenusuffisant pour rembourser ce prêt. Les banques se sont laissées aller à ceslargesses parce que l’immobilier était en hausse constante. Elles espéraientdonc que la masse des prêts sans incident permettrait de compenser lesdéfaillances individuelles.

Les banques ont regroupé ces prêts (titrisation), et les ontrevampés avec un nom à consonance exotique puis ont gagné beaucoup d’argentaprès que des agences de notation telles que Moody’s ont accordé une notationAAA (sans risque) à ces produits. Pourtant, ils étaient loin d’être sansrisques, et lorsque les prix de l’immobilier ont commencé à baisser en 2008, cettebulle a explosé, initiant une crise économique aux proportions gigantesques.

« Non-QM » pour « Non Qualified Mortgages »

Mais un certain nombre d’entreprises spécialisées ontmaintenant réintroduit ces produits sur le marché. Elles l’ont fait en louvoyanthabilement entre les clauses de la réglementation qui était censée éradiquerces produits, suite aux destructions qu’ils avaient causées pendant la crisefinancière.

Ces crédits toxiques sont de retour et désormais, ils prennentle nom de « non-QM » ou « prêts hypothécaires non qualifiés ».Librement traduit : « prêts hypothécaires non qualifiés ». 

Au premier trimestre de 2018, les banques en auraient écoulépour 1,3 milliard de dollars (environ 1,06 milliard d’euros). C’est ledouble du chiffre constaté au premier trimestre de l’année dernière. Letotal pour 2017 s’élève à 4,1 milliards de dollars (environ 3,3 milliards d’euros),et il est prévu que ce montant dépasserales 10 milliards de dollars(environ 8 milliards d’euros)  en 2018.

Pour l’instant, il n’y a encore aucune raison de paniquer. Entre2004 et 2006, on parlait d’environ 500 milliards de dollars (environ 400milliards d’euros), mais comme il s’agit d’un marché qui devait repartir dezéro, les chiffres restent modestes pour le moment. Cependant, il montredans quelle mesure l’assouplissement de la réglementation dans le systèmebancaire américain ouvre la porte à de nouveaux abus.

C’est aussi une explication de l’énorme domination de cesystème, entre un président qui veut assouplir davantage la réglementation, etdes institutions financières qui doivent chercher fiévreusement des rendementssur un marché où les taux d’intérêt demeurent historiquement bas. Un cas d’écolepour un nouveau cocktail fatal.


Pour aller plus loin...


Logo Business AM

Business AM | Stocks