Principaux renseignements
- L’Allemagne risque de perdre 300 000 emplois supplémentaires au cours des deux à trois prochaines années dans les secteurs de l’électrotechnique et de la métallurgie.
- Les coûts élevés de l’énergie et la concurrence chinoise sont en partie à l’origine du déclin industriel.
- De graves conflits salariaux menacent d’accélérer encore davantage ces pertes d’emplois historiques.
Une organisation patronale allemande prévient que les secteurs de l’électrotechnique et de la métallurgie en Allemagne pourraient perdre 300 000 emplois supplémentaires au cours des deux à trois prochaines années. Oliver Zander, président de Gesamtmetall, a déclaré au journal Bild que ces secteurs avaient déjà supprimé 350 000 emplois au cours des sept dernières années. Cela s’est traduit par une perte annuelle de 42 milliards d’euros de valeur ajoutée économique.
Emploi menace d’atteindre un niveau historiquement bas
Selon Zander, la sous-utilisation actuelle des capacités de production met en péril 300 000 emplois supplémentaires. Le nombre de salariés pourrait ainsi passer de 3,7 millions à 3,4 millions. Cela représenterait le niveau d’emploi le plus bas depuis la réunification allemande en 1990. Ce recul pourrait en outre réduire la valeur ajoutée annuelle de l’économie allemande de 35 milliards d’euros supplémentaires.
Causes du déclin industriel
Plusieurs facteurs contribuent à ce déclin, notamment la concurrence acharnée des importations chinoises à bas prix, les coûts élevés de l’énergie et de la main-d’œuvre, les lourdes charges administratives et les droits de douane imposés par les États-Unis. Par ailleurs, le syndicat IG Metall a mis en avant les erreurs de gestion, notamment dans le secteur automobile, comme l’une des principales causes de la crise actuelle.
Conflits sociaux
L’instabilité économique coïncide avec une intensification des conflits sociaux. IG Metall réclame une augmentation salariale de 5 pour cent et menace d’organiser des grèves d’avertissement. Les employeurs, en revanche, n’ont proposé qu’une augmentation de 1,8 pour cent d’ici 2028.
Zander a qualifié les revendications du syndicat d’irresponsables compte tenu de la situation « catastrophique » du secteur, affirmant que de nombreuses entreprises luttaient tout simplement pour leur survie et qu’une pression salariale supplémentaire risquait d’accélérer les suppressions d’emplois. (lv)
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