Un navire appartenant à une société basée en Grèce a transporté du charbon depuis un port de Russie à la fin du mois dernier. Les sanctions de l’Union européenne étaient pourtant déjà entrées en vigueur.
Contexte : la Commission européenne a interdit à tous les États membres de l’UE d’importer davantage de charbon en provenance de Russie ; une mesure prise en représailles à l’agression russe en Ukraine.
L’embargo sur le charbon russe a été décidé en avril. Après une période de transition de quatre mois, il est entré en vigueur le 10 août. Outre cette interdiction, il a été interdit aux assureurs et financiers européens d’apporter leur coopération aux transporteurs de charbon russes.
Cependant, certaines entreprises, souvent du même pays de la Méditerranée orientale (mais pas toujours), ne semblent pas très bien avoir compris ces mesures.
Athènes
Par exemple, le 29 août (19 jours après l’entrée en vigueur de l’interdiction), un navire, dont le nom est Stavros, a terminé le chargement de 53.000 tonnes de charbon à partir du terminal russe Taman Bulk Cargo, selon les données des sociétés Kpler et Logistic OS. Le bateau est arrivé dans un port près de la ville d’Alexandrette en Turquie le 5 septembre, indique Bloomberg.
Le Stavros est un navire exploité par la compagnie de transport Eastern Mediterranean Maritime, basée à Athènes. Un porte-parole de la compagnie a refusé de commenter l’affaire. Il a toutefois indiqué qu’il ne pouvait y avoir de violation des sanctions si la destination n’était pas située dans l’UE. Toutefois, la Commission européenne a bien indiqué que les sanctions s’appliquent à toutes les expéditions de charbon en provenance de Russie, quelle que soit leur destination. Et cela porte tant sur l' »achat » que sur le « transfert ».
Le navire grec a souscrit une assurance dommages auprès du Standard Club, basé au Royaume-Uni, selon le site web de ce dernier. Pourtant, il est également interdit aux compagnies britanniques de fournir une assurance aux navires transportant du charbon russe. Cette interdiction s’applique quelle que soit la destination du charbon, a précisé à Bloomberg un fonctionnaire du gouvernement britannique.
Du gaz naturel russe à destination de la Grèce
Ce n’est pas la première fois, en ces temps de sanctions, que les relations commerciales entre la Russie et la Grèce se révèlent plus étroites que la bureaucratie européenne n’aurait pu l’espérer.
En début de semaine, par exemple, il a été révélé que la première cargaison de GNL provenant d’une nouvelle installation de production de l’entreprise publique russe Gazprom était en route pour la Grèce. Ceci à un moment où l’UE tente également de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe.
(OD)