Les réserves stratégiques de pétrole des États-Unis atteignent leur plus bas niveau depuis 40 ans


Principaux renseignements

  • Les réserves pétrolières américaines ont atteint leur plus bas niveau depuis 40 ans.
  • Les conflits géopolitiques ont épuisé les stocks jusqu’à des niveaux critiques.
  • La dégradation des infrastructures menace la viabilité opérationnelle du système.

La réserve stratégique de pétrole (SPR) des États-Unis a chuté sous la barre des 300 millions de barils, atteignant ainsi son plus bas niveau depuis quatre décennies. Cet épuisement fait suite à une série de prélèvements visant à stabiliser les marchés énergétiques mondiaux, les plus récents étant liés aux conflits impliquant l’Iran.

Des données récentes du ministère de l’Énergie indiquent que la stabilité de la réserve est menacée non seulement par l’instabilité géopolitique, mais aussi par la détérioration d’infrastructures qui ont désormais plus de 40 ans.

Strategic Petroleum Reserve

Créée en 1975 à titre de mesure de sécurité à la suite de l’embargo pétrolier arabe du début des années 1970, la SPR a été conçue pour protéger les États-Unis contre des perturbations soudaines des importations.

En vertu de la loi sur la politique énergétique et la conservation de l’énergie (Energy Policy and Conservation Act), le gouvernement a été autorisé à stocker jusqu’à un milliard de barils de pétrole brut dans d’immenses cavités souterraines de sel situées le long de la côte du golfe du Mexique, offrant ainsi un accès rapide aux principales raffineries.

Divulgation en cas de crise

Pendant la majeure partie de son existence, la SPR a fonctionné comme une police d’assurance d’urgence. Elle a été utilisée pour la première fois lors de la guerre du Golfe de 1991, avec une mise à disposition de 17,3 millions de barils.

Des crises ultérieures ont entraîné d’autres prélèvements, notamment 20,8 millions de barils après l’ouragan Katrina en 2005 et 30,6 millions de barils pendant la guerre civile libyenne de 2011. Cependant, le prélèvement le plus important a eu lieu en 2022, lorsque l’administration Biden a libéré 180 millions de barils pour contrer les chocs économiques provoqués par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Pressions géopolitiques actuelles

La crise actuelle s’est intensifiée en 2026, les conflits avec l’Iran et l’instabilité près du détroit d’Ormuz ayant contraint à une nouvelle libération massive de 172 millions de barils. Avec des réserves tombées sous la barre des 300 millions de barils — bien en deçà de leur capacité de 714 millions de barils —, les États-Unis se trouvent dans une situation énergétique précaire.

Préoccupations liées au vieillissement des infrastructures

À ce faible niveau des stocks s’ajoute un avertissement du Government Accountability Office (GAO). Un audit a révélé que, bien que certains travaux d’entretien aient été effectués, les réparations ne parviennent pas à suivre le rythme de la dégradation des installations.

Le GAO a mis en garde contre un arriéré croissant de défaillances opérationnelles, suggérant que les infrastructures vieillissantes pourraient bientôt se trouver dans l’incapacité de gérer efficacement les directives de réapprovisionnement ou de mise sur le marché du pétrole.

43 jours

Bien que le ministère de l’Énergie ait défendu les mesures d’urgence prises précédemment, il a admis que la rapidité et l’ampleur des prélèvements récents avaient poussé le système à ses limites. Selon une analyse de Bank of America, les stocks actuels ne devraient durer que 43 jours. Cette vulnérabilité a incité le président Donald Trump à avertir que le pays pourrait épuiser complètement ses réserves en moins d’un mois, ce qui pourrait entraîner un chaos généralisé. (fc)

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