Principaux renseignements
- Le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran a déclenché une grave crise énergétique mondiale.
- Les réserves d’urgence américaines ont chuté à des niveaux comparables à ceux des années 1980.
- La diminution des stocks menace de mettre fin au rôle des États-Unis en tant que principal stabilisateur énergétique mondial.
Les États-Unis assistent à une baisse rapide de leurs réserves pétrolières d’urgence. Alors que Donald Trump avait auparavant critiqué Joe Biden pour avoir puisé dans la Réserve stratégique de pétrole (SPR) afin de faire baisser le prix des carburants avant une élection, l’administration actuelle prélève désormais du pétrole à un rythme encore plus soutenu. Cela a fait chuter le volume de la réserve à des niveaux jamais vus depuis le début des années 1980, à une époque où l’économie américaine était nettement plus petite et où les besoins énergétiques étaient moindres.
Crise dans le détroit d’Ormuz
Ces mesures drastiques sont une réponse à une grave crise énergétique déclenchée par le conflit avec l’Iran, qui a bloqué le détroit d’Ormuz. Ce goulet d’étranglement maritime crucial a bloqué plus de 1,2 milliard de barils de pétrole.
Pour compenser ce déficit, les États-Unis ont libéré un volume record de 9,9 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 15 mai. Depuis le début du conflit, la SPR a diminué de 10 pour cent, tombant à 374 millions de barils.
La moitié de la réserve stratégique destinée à l’étranger
La SPR, stockée dans des cavités salines en Louisiane et au Texas, est destinée à de telles urgences et a été utilisée par diverses administrations lors de catastrophes naturelles et de guerres. Par exemple, Biden a eu recours à ces réserves à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Cependant, les libérations actuelles ne servent pas seulement à soutenir les raffineries nationales, mais sont également acheminées à l’étranger. Environ la moitié du pétrole libéré en avril et mai a été exportée pour aider les pays européens et asiatiques confrontés à un déficit d’approvisionnement. Les experts préviennent que même si une solution diplomatique est trouvée rapidement, il pourrait falloir des semaines pour rétablir le trafic dans le détroit, ce qui pourrait entraîner un rationnement du carburant en Europe.
Chute des stocks commerciaux
Dans le même temps, les stocks commerciaux de pétrole s’effondrent. À Cushing, en Oklahoma — la plaque tournante des prix du brut West Texas Intermediate —, les stocks sont passés de 33 millions à environ 24,5 millions de barils, se rapprochant du niveau minimum requis pour assurer la stabilité opérationnelle.
Malgré ces chiffres en baisse, le marché est resté relativement calme, probablement en raison des rapports optimistes concernant un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran.
Va-t-on interdire les exportations de pétrole ?
Alors que les stocks s’amenuisent, certains suggèrent que le gouvernement américain pourrait envisager d’interdire les exportations de pétrole afin de stabiliser les prix intérieurs. Cependant, la Maison Blanche a écarté cette possibilité, et les analystes préviennent qu’une telle mesure déstabiliserait les marchés énergétiques mondiaux et nuirait aux producteurs nationaux.
Au contraire, la dynamique du marché pourrait naturellement freiner les exportations ; à mesure que les niveaux de Cushing baissent, l’écart de prix entre le pétrole américain et le pétrole mondial se réduira, rendant le brut américain moins attractif pour les acheteurs étrangers. Cela soulève une préoccupation majeure : une fois que les États-Unis cesseront d’agir en tant que fournisseur mondial de dernier recours, d’autres nations se retrouveront dans une recherche désespérée de sources d’énergie alternatives. De plus, la nécessité éventuelle de reconstituer la SPR (réserve stratégique de pétrole) risque de faire grimper encore davantage les prix mondiaux du pétrole. (fc)
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