Les États-Unis aident les navires à passer inaperçus lors de leur passage dans le détroit d’Ormuz


Principaux renseignements

  • Les forces américaines guident discrètement les navires commerciaux à travers le détroit d’Ormuz afin d’éviter les attaques iraniennes.
  • Les navires restent hors de vue en désactivant leurs transpondeurs afin de dissimuler leurs mouvements à Téhéran.
  • L’Iran conserve un contrôle dominant sur les approvisionnements énergétiques mondiaux malgré ces opérations américaines secrètes.

Afin de minimiser le risque d’ingérence iranienne, l’armée américaine facilite discrètement le passage des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Selon des sources gouvernementales et des articles du New York Times, environ 70 navires ont emprunté cette voie navigable sur une période de trois semaines. Pour éviter d’être détectés par Téhéran, ces navires ont désactivé leurs transpondeurs, une tactique appelée « se mettre en mode furtif ». Ces navires sont dirigés plus près des côtes omanaises afin de rester à l’écart des eaux iraniennes, où les navires naviguant sans l’accord de Téhéran sont très vulnérables aux frappes de missiles ou de drones.

Coordination secrète

Le capitaine Tim Hawkins, s’exprimant au nom du Commandement central américain, a reconnu que les forces américaines communiquaient avec les navires pour assurer leur passage en toute sécurité, tout en précisant qu’il ne s’agissait pas d’une escorte navale officielle.

Cet arrangement secret offre une alternative aux compagnies maritimes qui refusent de payer les péages iraniens ou de rester immobilisées dans le Golfe. Le caractère secret de l’opération est intentionnel ; rendre ce couloir public pourrait faire de ces navires des cibles prioritaires pour les représailles iraniennes. Noam Raydan, du Washington Institute for Near East Policy, a suggéré que l’identité des navires était gardée secrète afin de protéger les compagnies concernées contre de futures représailles.

Échec du projet Freedom

Cette stratégie actuelle fait suite à l’échec du « Project Freedom », une mission d’escorte plus ouverte lancée par le président Trump en mai, qui a été retirée à la suite de l’opposition saoudienne et d’une attaque contre un porte-conteneurs exploité par une compagnie française. Malgré les efforts américains, l’Iran conserve une influence significative sur le détroit.

Les données de Kpler indiquent qu’entre le 1er mars et le 19 mai, plus de la moitié des 895 traversées enregistrées ont emprunté la route côtière iranienne, ce qui signifie que de nombreux opérateurs continuent de coordonner leurs activités directement avec Téhéran. Parallèlement, environ 40 pour cent du trafic a emprunté des voies non identifiées ou « obscures ».

Tensions diplomatiques et volatilité des marchés

L’instabilité de la région est encore aggravée par les fluctuations diplomatiques. Alors que des indices laissaient entrevoir un accord-cadre visant à rouvrir le détroit dans le cadre d’un cessez-le-feu, le président Trump a récemment durci les conditions, assombrissant ainsi le calendrier d’une résolution. De plus, un blocus américain dans le golfe d’Oman depuis la mi-avril a entravé les exportations de pétrole iranien, offrant à Washington un moyen de pression tout en maintenant la pression sur les marchés énergétiques mondiaux.

Les prix du fret et de l’énergie restent volatils

Au final, la moyenne de trois traversées coordonnées par jour ne représente qu’une fraction du volume d’avant le conflit, qui dépassait les 100 navires par jour. Ce trafic au compte-gouttes suggère une expérience prudente en matière de gestion des risques plutôt qu’un retour à la normale.

Les données des transpondeurs étant masquées, les analystes ne peuvent pas vérifier de manière indépendante les volumes de transport, ce qui maintient la volatilité des prix du fret et de l’énergie. Le fait que l’Iran gère toujours environ la moitié du transit via sa route côtière souligne l’emprise durable de Téhéran sur les approvisionnements énergétiques mondiaux, laissant la normalisation complète du détroit dépendante d’une percée diplomatique qui reste insaisissable. (fc)

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