Principaux renseignements
- Les régulateurs néerlandais exhortent les banques européennes à mettre en commun leur pouvoir d’achat afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des géants technologiques américains.
- Les interventions stratégiques doivent protéger les entreprises nationales et donner la priorité aux infrastructures de données locales.
- La négociation collective renforce la souveraineté numérique de l’Europe face à la domination des marchés étrangers.
Les autorités de régulation néerlandaises, notamment l’autorité nationale de protection des données et la banque centrale, appellent les institutions financières européennes à consolider leur pouvoir d’achat face aux entreprises technologiques américaines. Dans une récente proposition soumise au gouvernement néerlandais, ces organismes de surveillance ont fait valoir qu’une telle collaboration est nécessaire pour atténuer la forte dépendance de l’Europe vis-à-vis des services étrangers de cloud computing et d’intelligence artificielle.
Lutter contre la dépendance numérique
Le rapport met en évidence une tendance préoccupante : la dépendance numérique vis-à-vis des prestataires étrangers ne cesse de s’aggraver, sapant ainsi l’objectif d’autonomie stratégique de l’Union européenne. Pour y remédier, les régulateurs suggèrent que les banques et les entités publiques établissent des exigences communes et regroupent leur demande.
Cette approche collective permettrait non seulement de renforcer leur position de négociation, mais aussi de faciliter le processus de changement de prestataire à l’avenir. Les auteurs soulignent qu’une telle coopération est autorisée en vertu des lois existantes sur la concurrence, et exhortent les entreprises à solliciter rapidement des conseils si elles ont des doutes quant aux interprétations juridiques.
Interventions stratégiques pour la résilience
Au-delà des achats groupés, le groupe néerlandais recommande plusieurs interventions stratégiques. Il s’agit notamment de donner la priorité à l’attribution de terrains aux centres de données qui renforcent la résilience et la compétitivité européennes, ainsi que d’empêcher l’acquisition d’entreprises technologiques nationales essentielles par des intérêts étrangers.
En outre, ils suggèrent que les organismes publics jouent le rôle de « clients phares » pour les prestataires locaux afin de les aider à atteindre la taille nécessaire pour être compétitifs à l’échelle mondiale.
La quête de la souveraineté numérique
Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large de l’UE visant à renforcer la souveraineté numérique. L’Union s’inquiète de plus en plus du fait qu’une dépendance excessive vis-à-vis de quelques géants américains — notamment Amazon, Microsoft et Google, qui dominent le marché du cloud — expose l’Europe à des pratiques de prix prédateurs, à des interruptions de service et à la cyberguerre.
L’essor de l’IA a intensifié ces inquiétudes, incitant les ministres des Finances de l’UE à collaborer avec des innovateurs nationaux tels que Mistral afin de réduire l’écart en matière de capacités technologiques.
Collaboration avec les banques centrales
Steven Maijoor, représentant de la Banque nationale néerlandaise, a souligné qu’il existait un large consensus entre les régulateurs et les établissements financiers concernant ces vulnérabilités. Il a indiqué que ces préoccupations étaient également partagées par la Banque centrale européenne (BCE) et d’autres organismes de surveillance.
Pour montrer l’exemple, la BCE utilise actuellement un serveur cloud européen pour son cadre de reporting intégré. Ces efforts viennent compléter une stratégie européenne plus large comprenant des subventions pour la fabrication de semi-conducteurs et le développement d’une infrastructure de données locale afin de préserver l’avenir numérique de la région.
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(ns)

