Les prostituées vénézuéliennes gagnent plus d’argent en vendant des dollars qu’en pratiquant leurs activités

Acheter et vendre des dollars dans la rue est illégal au Venezuela. En revanche, la prostitution ne l’est pas. Le marché noir est florissant, parce que les dollars y ont 11 fois plus de valeur qu’au taux officiel.

Ceci a des implications pour l’économie locale : les prostituées gagnent plus d’argent en se faisant payer en dollars pour leurs passes. Dans plusieurs ports vénézuéliens, elles agissent comme des agents de change, de la même manière que les guides, les chauffeurs de taxis, les hôteliers, les expatriés et tous les autres professionnels en contact avec l’étranger. Toute cette population peut gagner des dollars, et ainsi se prémunir contre la flambée de l’inflation en bénéficiant de la parité toujours plus favorable du billet vert, par opposition aux autres Vénézuéliens, qui ne peuvent rien contre l’érosion continue de leur pouvoir d’achat.

Steve Hanke, professeur d’économie appliquée à l’Université Johns Hopkins de Baltimore, explique que la société Venezuelienne est maintenant scindée en deux groupes: ceux qui ont accès aux dollars, et les autres, à l’image de ce qui se passait en Union Soviétique, et de ce que l’on constate encore à Cuba.

Une prostituée gagne l’équivalent de 6.800 bolivars en dollars avec un client étranger pour une demi-heure de plaisir. Pour le même service, elle ne gagnerait que … 3.000 bolivars. « Nous pouvons gagner plus en deux heures que si nous devions travailler dans un magasin pendant un mois», a résumé une prostituée à l’agence de presse Bloomberg.

Comme le gouvernement maintient la parité de la monnaie artificiellement élevée, une pénurie de dollars s’est produite dans le pays. Ce manque de dollars a conduit à une pénurie massive des produits de base, tels que le papier hygiénique, les pâtes et le café, ainsi que le lait et le beurre. En effet, le pays importe 70% des biens qu’il consomme.

Les Vénézuéliens ne peuvent plus prendre connaissance de l’indice de pénurie, qui montre la proportion de produits qui ne sont plus disponibles, parce que la banque centrale du pays a cessé de le publier. Lors de sa dernière publication en janvier de cette année, il indiquait qu’un produit sur quatre était devenu introuvable sur le marché.

Ces derniers mois, plusieurs entreprises ont cessé leur production, faute de dollars. Elles ne peuvent plus importer les matières premières dont elles ont besoin.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a lui-même admis que 20% des entreprises du pays étaient paralysées.

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