Les prix du pétrole devraient rester élevés pendant encore quelque temps, même après la conclusion d’un accord de paix


Principaux renseignements

  • Les stocks mondiaux de pétrole s’épuisent rapidement en raison du conflit en cours.
  • Les prix élevés du carburant devraient persister pendant au moins six mois, même en cas d’accord de paix.
  • Le rétablissement complet de l’approvisionnement énergétique mondial sera progressif et prendra plusieurs mois.

Le conflit en cours a considérablement mis à rude épreuve l’approvisionnement mondial en pétrole, et son impact continuera de se faire sentir même si un accord de paix est conclu. La reprise des livraisons de pétrole en provenance du golfe Persique prendra des semaines, ce qui signifie que les entreprises continueront de puiser dans leurs stocks pour répondre à la demande estivale de pointe.

Réserves temporaires

Si des réserves temporaires telles que les stocks commerciaux, le pétrole en transit et les réserves d’urgence ont contribué à amortir le choc initial, l’impact total de la perturbation de l’approvisionnement ne s’est pas encore pleinement fait sentir. Les dirigeants du secteur de l’énergie et les analystes de marché préviennent qu’il faudra de nombreux mois avant que la production et les exportations du Moyen-Orient ne reviennent à leurs niveaux d’avant le conflit.

L’épuisement rapide de ces réserves coïncide avec une période où les stocks s’accumulent généralement en prévision de la demande estivale de pointe. Cette situation fragilisée aggravera les tensions sur le système énergétique mondial pendant les mois d’été, lorsque la consommation atteint des pics liés à l’automobile, à l’aviation, à l’agriculture et au fret.

Prix élevés persistants

En conséquence, les prix élevés des carburants devraient persister pendant une longue période, même si le conflit prend fin rapidement. Les dirigeants et les analystes prévoient qu’il faudra au moins six mois pour que le marché se stabilise et que les pénuries d’approvisionnement s’atténuent.

Malgré les prévisions optimistes du président américain Donald Trump concernant une baisse rapide des prix du pétrole après un accord de paix, la disponibilité physique du pétrole brut et de l’essence restera probablement limitée pendant un certain temps.

Les analystes ont régulièrement revu à la hausse leurs prévisions concernant les prix du pétrole tout au long de l’année, reflétant la gravité de la perturbation de l’approvisionnement. Le conflit a déclenché une forte hausse de la demande de pétrole, les pays et les entreprises du monde entier cherchant à reconstituer leurs stocks épuisés et à redémarrer leurs installations de production. Certains pays confrontés à des pénuries envisagent même de nouveaux investissements dans les stocks. L’Australie, par exemple, a annoncé son intention de consacrer des milliards à la constitution de réserves de carburant.

Reprise progressive attendue

Depuis le début du conflit, les stocks mondiaux se sont effondrés, Goldman Sachs prévoyant qu’ils continueront de baisser d’ici la fin mai. Cette baisse de l’offre se traduit par une perte significative de pétrole disponible, estimée entre 1,2 et 2 milliards de barils d’ici à ce que l’approvisionnement revienne à la normale.

Le conflit a également eu de graves répercussions sur l’approvisionnement en gaz naturel, les pertes devant atteindre entre 30 et 50 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL).

Même si les voies maritimes rouvrent, les experts préviennent que la reprise complète sera progressive. Les retards dans les expéditions devront être rattrapés, et les capacités de raffinage au Moyen-Orient, essentielles pour répondre à la demande dans d’autres régions, restent hors service. (fc)

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