Les politiques climatiques menacent les entreprises de plus 2 milliards de pertes

Le resserrement de la réglementation gouvernementale sur le climat d'ici 2025 pourrait ainsi effacer jusqu'à plus de 2 milliards d’euros de la valeur des entreprises.
Manifestation lors de la COP25 sur le climat à Madrid ce 9 décembre. (Isopix)

Le resserrement de la réglementation gouvernementale sur le climat d’ici 2025 pourrait effacer jusqu’à plus de 2 milliards d’euros de la valeur des entreprises.

Pendant que la COP25 bat son plein à Madrid et que les revendications climatiques sont plus fortes que jamais, ce nouveau rapport sur le sujet risque de raviver les conflits. Les secteurs touchés par ces pertes vont des producteurs de combustibles fossiles à l’agriculture et aux constructeurs automobiles, comme l’annonce Reuters.

Alors que la hausse des températures devrait atteindre 4 degrés d’ici la fin du siècle, on s’efforce toujours plus de renforcer les règles pour réduire nos émissions de carbone. Les pays travaillent ainsi à respecter (plus ou moins) leurs obligations envers l’accord de Paris sur le climat de 2015, pour limiter le réchauffement climatique.

Bouleverser les stratégies d’investissement

Jusqu’à ce qu’interviennent les Principes de l’investissement responsable (PRI), un groupe représentant des investisseurs qui gèrent 86 milliards de dollars d’actifs. Ils indiquent dans un rapport que toute modification brusque de politique (ici pour le climat) pourrait sévèrement chambouler les stratégies d’investissement actuelles.

‘Alors que les réalités du changement climatique rattrapent leur retard, que la pression sociale augmente et que les solutions à faible émission de carbone deviennent moins chères, il est hautement improbable que les gouvernements soient autorisés à laisser le monde s’endormir dans des températures plus élevées sans être contraints d’agir plus tôt’, a déclaré Fiona Reynolds, directrice générale du PRI. Ajoutant malheureusement que ‘cela pose d’énormes menaces pour les actifs et pour le système au sens large.’

Combustibles fossiles

Selon le rapport, c’est logiquement le secteur des combustibles fossiles qui est le plus menacé, pouvant perdre un tiers de sa valeur actuelle. Il est actuellement responsable d’environ deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L’industrie du charbon pourrait ainsi perdre jusqu’à 44 % de sa valeur, tandis que les principales compagnies pétrolières et gazières mondiales risquent de perdre jusqu’à 31 % de leur valeur. Toujours selon ce rapport, la demande de pétrole devra culminer autour de 2027. Entre argent et survie, il faut choisir…