Principaux renseignements
- Les membres de l’OTAN augmentent leurs dépenses de défense de 90 milliards de dollars (79 milliards d’euros) pour apaiser Donald Trump.
- Les pays européens diversifient leurs achats militaires afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des équipements américains.
À la veille d’un sommet très médiatisé avec Donald Trump, les responsables de l’OTAN s’apprêtent à annoncer à Ankara des accords d’approvisionnement militaire totalisant plusieurs dizaines de milliards de dollars. Ces annonces, prévues mardi lors d’un forum sur l’industrie de la défense, constituent un signal stratégique indiquant que les pays européens répondent aux demandes américaines d’augmentation des dépenses de sécurité.
Le secrétaire général Mark Rutte a souligné que la hausse substantielle des budgets de défense est motivée à la fois par la menace que représente la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et par la pression persistante exercée par le président américain.
Hausse des dépenses de défense
L’engagement financier est considérable. Rutte a déclaré que les dépenses de défense du Canada et des pays européens membres avaient augmenté de 90 milliards de dollars (79 milliards d’euros) en termes réels d’ici 2025, ce qui représente une hausse de 20 pour cent par rapport à l’année précédente, pour un total dépassant les 570 milliards de dollars (près de 500 milliards d’euros).
Cet effort vise à mettre en place un partenariat plus équitable. L’Europe répond ainsi à la critique de Trump selon laquelle elle s’appuie trop sur la protection américaine.
Tensions croissantes
Malgré ces investissements, les tensions restent vives. Trump a récemment relancé ses critiques à l’égard de l’alliance, invoquant notamment un manque de soutien lors du conflit avec l’Iran et laissant entendre la possibilité d’un retrait du traité de défense mutuelle.
Alors que les dirigeants européens affirment avoir fourni un soutien logistique essentiel et l’accès à leurs bases pendant cette guerre — malgré son impopularité et ses répercussions économiques en Europe —, les États-Unis ont déjà commencé à réduire leur présence militaire. Cela inclut le retrait de troupes et la réduction des moyens essentiels tels que les drones, les avions de chasse et les porte-avions, tout en procédant à un examen complet de leur présence en Europe.
Alors que le sommet s’ouvre mardi soir par un dîner, les responsables européens se préparent à d’éventuelles frictions. Ils espèrent que Mark Rutte et le président Tayyip Erdogan pourront tirer parti de leurs relations avec Trump pour maintenir la stabilité, même si l’incertitude persiste en raison des différends concernant l’Iran et le Groenland, ainsi que des relations diplomatiques imprévisibles de Trump, illustrées par ses récents affrontements avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni.
Marchés d’armement
Si de nombreux détails spécifiques des futurs contrats d’armement restent confidentiels afin d’en maximiser l’impact, certaines informations ont toutefois filtré. La ministre néerlandaise de la Défense, Dilan Yesilgoz, a révélé que les Pays-Bas consacreraient plus de 3 milliards d’euros à divers projets, notamment des collaborations navales avec le Royaume-Uni et des initiatives de défense aérienne avec la Belgique.
Par ailleurs, selon certaines informations, l’OTAN aurait l’intention de moderniser ses capacités de surveillance en remplaçant ses avions AWACS américains obsolètes par des appareils GlobalEye de la société suédoise Saab. (fc)
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