Les nouveaux droits de douane américains accentuent encore la pression sur l’approvisionnement énergétique européen


Principaux renseignements

  • Les droits de douane américains sur l’énergie russe menacent de déstabiliser les marchés européens des carburants.
  • Le faible niveau des réserves hivernales et l’instabilité au Moyen-Orient accentuent la vulnérabilité énergétique de l’UE.
  • Les sanctions visent désormais les navires et les ports assurant le transport du GNL russe.

Les droits de douane récemment instaurés par le président Donald Trump sur l’énergie russe risquent d’aggraver la crise énergétique actuelle en Europe.

Taux allant jusqu’à 100 pour cent

En vertu de la Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026, le gouvernement américain dispose désormais du pouvoir d’imposer des droits de douane pouvant aller jusqu’à 100 % aux pays qui continuent d’acheter du gaz ou du pétrole russe. Cette mesure vise spécifiquement les pays soupçonnés d’aider Moscou à contourner les sanctions existantes, tels que l’Inde et la Chine.

Bien que l’Union européenne ne soit pas automatiquement visée, l’ambiguïté entourant la mise en œuvre de cette loi introduit une instabilité significative pour les entreprises et les gouvernements européens qui dépendent encore de l’énergie russe.

Moment délicat pour les réserves énergétiques de l’UE

Ce changement réglementaire intervient à un moment délicat pour l’UE. Les données de Global Energy Flow indiquent que les réserves de gaz pour l’hiver sont à leur plus bas niveau depuis 2011, ce qui complique les efforts visant à atteindre l’objectif de 80 pour cent de stockage d’ici novembre. De plus, l’Europe est actuellement devancée par des acheteurs asiatiques agressifs sur le marché mondial du GNL.

Si les responsables de l’UE soutiennent généralement les mesures visant à épuiser les ressources financières de la Russie destinées à ses efforts militaires, ils se méfient toutefois des dommages collatéraux. La commissaire européenne aux Affaires étrangères, Kaja Kallas, a exprimé l’espoir que les nouvelles lois ne nuisent pas aux alliés européens, tandis qu’un représentant de la Commission européenne a fait part de son intention de se coordonner avec Washington pour empêcher l’émergence de nouvelles barrières commerciales.

Tensions géopolitiques accentuent la vulnérabilité énergétique

La vulnérabilité énergétique de la région a été encore exacerbée par l’instabilité au Moyen-Orient. À la suite des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février, la fermeture du détroit d’Ormuz et les dégâts subis par un gazoduc saoudien majeur ont gravement entravé le transport de GNL.

Parallèlement, l’UE tente de supprimer progressivement les importations russes d’ici le 1er janvier 2027, bien que certains pays enclavés et ceux ayant conclu des contrats à long terme avec Gazprom aient bénéficié d’exemptions temporaires, ce qui maintient les importations russes à environ 17 pour cent. L’impact potentiel des droits de douane américains sur des pays comme l’Espagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas ajoute une nouvelle dimension à la tension géopolitique.

Secteur maritime est également visé par les sanctions

Les risques s’étendent au-delà du carburant lui-même pour toucher le secteur maritime. Selon l’association environnementale Urgewald, la nouvelle législation américaine vise les navires étrangers connus pour transporter du GNL russe. Bien que des dérogations soient possibles, la loi autorise également les États-Unis à sanctionner les opérateurs portuaires étrangers qui assurent le service de ces navires interdits.

Cela a suscité une controverse politique en Europe, notamment concernant le chantier naval danois Fayard, critiqué par les députés européens Jonas Sjöstedt et Hannah Neumann pour avoir réparé des méthaniers russes de classe Arc7. Ces détracteurs affirment que la fourniture d’une maintenance technique à la flotte arctique russe soutient directement l’effort de guerre du Kremlin en Ukraine et sape la stratégie internationale d’isolement.

(at)

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