Les militaires à Macron: ‘Défendez le drapeau tricolore avec fierté ou assumez la responsabilité de la guerre civile à venir’

Dans une lettre ouverte publiée dans le magazine d’opinion Valeurs actuelle, des militaires français ont exhorté leurs dirigeants de maintenir ‘la vigilance et le courage patriotiques’. Ils avertissent de l’augmentation de la violence dans les rues. Ils parlent même de guerre civile imminente. Cette lettre a provoqué – et cause encore – beaucoup de controverses dans le débat public français.

Les militaires – dont la plupart sont à la retraite – ne tournent pas autour du pot. La lettre commence par la déclaration suivante: ‘La France est en danger, la nation fait face à plusieurs menaces mortelles’. Ils évoquent notamment la décapitation du professeur d’histoire Samuel Paty l’année dernière. ‘Nous qui, même à la retraite, restons des soldats de France, ne pouvons, dans les circonstances actuelles, demeurer indifférents au sort de notre beau pays. […] Qui aurait prédit il y a dix ans qu’un professeur serait un jour décapité à la sortie de son collège ?’

Haine raciale

Les soldats (retraités) mentionnent trois préoccupations sociales qui, selon eux, alimentent le déclin de la nation.

  • ‘L’idéologie de l’antiracisme’ qui, en réalité, ‘vise à créer de la haine raciale’ ;
  • ‘L’islamisme qui sévit dans les banlieues’ ;
  • ‘Le manque de fraternité’ qui s’est ‘clairement’ manifesté lors des rassemblements des Gilets jaunes.

Ce dernier point bénéficie d’une explication supplémentaire. ‘La haine prend le pas sur la fraternité lors de manifestations où le pouvoir utilise les forces de l’ordre comme agents supplétifs et boucs émissaires face à des Français en gilets jaunes exprimant leurs désespoirs. Ceci alors que des individus infiltrés et encagoulés saccagent des commerces et menacent ces mêmes forces de l’ordre. Pourtant, ces dernières ne font qu’appliquer les directives, parfois contradictoires, données par vous, gouvernants.’

La fin du ‘silence coupable’

La lettre se poursuit par une certaine indignation : ‘La violence augmente de jour en jour (…). Or, nous, serviteurs de la Nation, qui avons toujours été prêts à mettre notre peau au bout de notre engagement – comme l’exigeait notre état militaire, ne pouvons être devant de tels agissements des spectateurs passifs.’

‘Aussi, ceux qui dirigent notre pays doivent impérativement trouver le courage nécessaire à l’éradication de ces dangers. Pour cela, il suffit souvent d’appliquer sans faiblesse des lois qui existent déjà. N’oubliez pas que, comme nous, une grande majorité de nos concitoyens est excédée par vos louvoiements et vos silences coupables.’

La guérilla urbaine

Jean Castex, Premier ministre français, a fermement condamné cette lettre. Selon lui, il s’agit d’une ‘initiative qui va à l’encontre de tous nos principes républicains, contre l’honneur et le devoir des militaires’. La secrétaire à la Défense Florence Parly s’est également montrée indignée par les propos des militaires. ‘L’armée n’est pas faite pour faire campagne, mais pour défendre la France.’ Elle ajoute que les militaires qui ont écrit la lettre n’avaient plus aucune fonction dans l’armée et qu’ils ne parlaient que pour eux-mêmes.

La maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati a en revanche admis que la lettre pointait certains faits réalistes. ‘Nous ne pouvons pas simplement dire que nous allons sanctionner ces soldats et oublier ce qui est écrit’, a-t-elle expliqué au journal Le Monde.

‘Ce qui est dit dans cette lettre est la réalité (…). Si vous avez un pays en proie à la guérilla urbaine, si vous avez une menace terroriste très régulière et très importante, si vous avez des inégalités de plus en plus évidentes et flagrantes, si certains de nos patriotes se détachent de la société, alors nous ne pouvons pas dire que le pays se porte bien.’

Cette lettre ouverte a été publiée à l’occasion du 60e anniversaire d’un coup d’État manqué par des généraux opposés à l’indépendance de l’Algérie. Elle est signée par une vingtaine de généraux, une centaine d’officiers supérieurs et plus d’un millier d’autres soldats.

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