Les membres de l’OTAN pensent savoir quand la Russie tentera de les attaquer


Principaux renseignements

  • Les membres de l’OTAN estiment que la Russie pourrait menacer l’alliance d’ici 2029.
  • L’Allemagne consacre un budget colossal pour rattraper des décennies de négligence dans le domaine militaire.
  • L’Europe doit combler son déficit de capacités alors que le soutien militaire américain diminue.

Un consensus se serait dégagé parmi les 32 membres de l’OTAN quant au fait que la Russie pourrait avoir la capacité de défier l’alliance d’ici 2029. Cette projection alarmante, soulignée par le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius et soutenue par l’inspecteur général de l’armée Christian Freuding, suggère que cette évaluation est partagée par l’ensemble du bloc.

L’économie de guerre de la Russie

La principale préoccupation n’est pas une invasion à grande échelle immédiate, mais plutôt la rapidité avec laquelle Moscou peut reconstruire son appareil militaire après ses lourdes pertes en Ukraine.

Malgré les pertes humaines et les dommages économiques considérables subis au cours du conflit en cours, les services de renseignement occidentaux suggèrent que la Russie se prépare activement à un redressement à long terme. Parmi les indicateurs, on peut citer l’expansion des bases militaires et des infrastructures, en particulier le long des frontières baltes et nord-ouest, ainsi qu’une forte augmentation de la production d’armes.

Certains rapports estiment que la Russie pourrait à terme déployer jusqu’à 115 000 soldats le long de ces frontières. Par conséquent, la menace ne repose pas sur l’état actuel de la Russie, mais sur sa puissance potentielle après un passage total à une économie de guerre.

L’Europe autonome

Cette évolution est particulièrement préoccupante compte tenu de la négligence historique de l’Europe envers sa propre défense. Pendant des années après la guerre froide, de nombreux pays — notamment l’Allemagne — ont réduit leurs budgets militaires et laissé leur état de préparation se dégrader. La guerre en Ukraine a servi de signal d’alarme crucial, poussant Berlin à abandonner sa retenue militaire traditionnelle.

Dans le cadre d’un pivot stratégique majeur, l’Allemagne a autorisé 850 milliards d’euros de dépenses de défense pour les dix prochaines années, allant jusqu’à modifier les lois sur la dette pour garantir la modernisation de son armée. Si cette volonté de se doter d’une force conventionnelle puissante est nécessaire pour la sécurité, elle a suscité une certaine inquiétude chez des voisins comme la France, compte tenu de l’histoire de l’Allemagne au milieu du siècle dernier.

L’évolution du partenariat avec les États-Unis

L’urgence de ces préparatifs est aggravée par l’évolution des relations avec les États-Unis. Washington envisagerait de réduire le déploiement de ses avions de chasse, de ses bombardiers et de ses moyens navals en Europe, poussant le continent à prendre davantage en main sa propre sécurité. Les dirigeants européens craignent un dangereux « déficit de capacités » si les forces américaines se retiraient avant que les armées européennes ne soient pleinement équipées pour faire face seules.

Attaque de la Russie

Il est important de noter qu’attaquer l’OTAN est une tâche bien plus redoutable que d’envahir l’Ukraine, car l’alliance conserve une vaste supériorité technologique, économique et nucléaire. La crainte n’est pas que la Russie parvienne à conquérir les capitales occidentales, mais qu’elle recoure à des provocations militaires limitées ou à des campagnes de pression dans la région baltique pour tester l’unité de l’alliance.

En ciblant les fractures politiques perçues au sein de l’OTAN, la Russie pourrait espérer mettre en évidence les faiblesses de la cohésion du bloc. Si la probabilité réelle d’une attaque d’ici 2029 fait encore l’objet de débats, les grandes puissances européennes considèrent désormais la préparation comme une nécessité stratégique. (fc)

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