Tant Wall Street que les marchés européens ont fini dans le rouge. La cause principale ne doit pas aller être cherchée très loin : les analystes ont revu à la hausse le pic des taux d’intérêt, établi par les banques centrales.
Les marchés déchantent : les hausses des taux d’intérêt n’ont pas dit leur dernier mot…

Pourquoi est-ce important ?
C'est l'histoire des 3 pivots des banques centrales. Le premier est passé : il s'agissait du ralentissement des hausses des taux d'intérêt. Le deuxième est toujours en attente et vient d'être revu à la hausse : il s'agit du pic des taux d'intérêt. Le 3e pivot, probablement en 2024, concernera enfin la baisse des taux d'intérêt. Les marchés continuent d'être influencés par ces 3 pivots, malgré un certain détachement depuis le début de l'année.Dans l’actu : les analystes relèvent leurs prévisions sur le pic des taux d’intérêt.
- En Europe, les investisseurs s’attendent à un pic des taux d’intérêt à 3,75% d’ici le mois de septembre contre 2,5% actuellement. Un pic plus atteint depuis 2001, lorsque la BCE essayait de soutenir la valeur de l’euro.
- Les institutions bancaires telles que Goldman Sachs, Barclays et Berenberg ont relevé leurs prévisions à 3,5%. Goldman Sachs voit encore 3 hausses des taux sur le chemin de la BCE : 50 points de base en mars, 25 points de base en mai et 25 points de base en juin.
- Du côté des États-Unis, on sait que la Fed a un temps d’avance. Mais les analystes de Goldman Sachs s’attendent, là aussi, à 3 nouvelles hautes des taux d’intérêt de 25 points, en mars, mai et juin, ce qui devrait porter le pic au-delà des 5%.
Le contexte : les bonnes nouvelles de l’économie réelle.
- Retour au paradigme qui a eu cours durant toute l’année 2022 : les bonnes nouvelles pour l’économie réelle sont une mauvaise nouvelle pour les marchés. En d’autres termes, les perspectives de récession qui s’éloigne devraient maintenir l’inflation à un niveau plus élevé plus longtemps.
- L’inflation est en décrue, mais s’établit encore à 8,5% dans la zone euro et à 6,4% aux États-Unis, malgré une large baisse des prix de l’énergie. La faute à l’inflation sous-jacente, qui maintient les prix hauts, notamment dans les services, en plus des hausses des salaires.
- Récemment, en Europe, les directeurs d’achat du S&P Global ont dépassé les attentes. Les consommateurs reprennent confiance et la croissance devrait être réelle en 2023. Du côté américain, on le sait, le marché de l’emploi est toujours en surchauffe, et les prix à la production ont dépassé les prévisions, baissant d’à peine 0,5%, de 6,5 à 6% en janvier.
- Rappelons que le but des banques centrales est de ramener l’inflation à 2%, le chiffre magique.
Le résultat : les marchés dévissent.
- L’Europe limite la casse : l’Euro Stoxx 50 perd 0,5%, le Bel 20 0,66%, le CAC 40 0,4%.
- Wall Street plonge : le Nasdaq -2,5%, le Dow Jones -2% et le S&P 500 -2%.