Les investisseurs belges recourent de plus en plus à l’IA, mais leur confiance reste limitée


Principaux renseignements

  • La confiance des investisseurs belges a chuté sous le seuil neutre en raison du pessimisme économique.
  • L’adoption de l’IA progresse fortement pour les tâches générales, mais reste à la traîne en matière de prise de décision financière.
  • L’expertise humaine reste la référence absolue en matière de confiance et de gestion de fonds.

La confiance des investisseurs en Belgique a considérablement baissé : le baromètre ING des investisseurs est passé de 103 à 89 points en septembre. L’indice est ainsi passé sous le seuil neutre de 100 points.

Pessimisme économique

Cette baisse est principalement due au pessimisme concernant l’économie belge et aux prévisions moins optimistes pour le marché boursier. Selon Peter Vanden Houte, économiste en chef chez ING Belgique, les inquiétudes liées à l’inflation et aux éventuelles mesures d’austérité pèsent sur le moral des investisseurs. De nombreux citoyens craignent en outre une baisse du revenu de leur ménage.

Essor de l’adoption de l’IA

Alors que le moral économique est au plus bas, l’adoption de l’intelligence artificielle par les investisseurs est en plein essor. Environ 80 pour cent des personnes interrogées utilisent désormais des outils d’IA pour des tâches courantes, et 53 pour cent ont déjà sollicité des conseils d’investissement auprès de l’IA ou sont disposées à le faire – soit une augmentation de 10 pour cent par rapport à l’année dernière.

Cette tendance est fortement influencée par l’âge. Près de 94 pour cent des moins de 45 ans utilisent l’IA, contre un peu plus de la moitié des personnes âgées de 65 ans et plus.

Confiance en l’humain vs efficacité de la machine

Malgré cette utilisation généralisée, un fossé manifeste existe entre le recours à l’IA pour la recherche et le fait de lui confier des décisions financières. Les investisseurs accordent toujours davantage de confiance aux experts humains traditionnels qu’aux spécialistes assistés par l’IA ou aux systèmes entièrement automatisés.

Cette préférence découle de l’importance accordée aux relations humaines et à la responsabilité, même si certaines données suggèrent que les prévisions basées sur l’IA peuvent parfois surpasser celles des analystes humains.

Investissement prudent dans les actifs liés à l’IA

En ce qui concerne les investissements réels, environ un quart des investisseurs détiennent des actifs liés à l’IA via des ETF, des fonds ou des actions, bien que la plupart maintiennent cette exposition en dessous de 20 pour cent de leur portefeuille.

Un sentiment de prudence prévaut, près de la moitié des participants estimant que les actions liées à l’IA sont actuellement surévaluées. À l’inverse, il est largement admis que les entreprises qui ne parviennent pas à adopter l’IA risquent de devenir obsolètes.

Résistance à l’automatisation totale

L’intérêt pour la gestion de fonds entièrement automatisée reste limité. Soixante pour cent des investisseurs rejettent l’idée d’un fonds géré entièrement par l’IA, bien que ce sentiment varie considérablement d’une génération à l’autre. Alors que seuls 10 pour cent des seniors sont ouverts à ce type de fonds, la moitié des moins de 35 ans envisageraient cette option.

En fin de compte, si les investisseurs belges tirent parti de l’IA pour la collecte de données, ils exigent toujours une supervision humaine lorsqu’il s’agit de la gestion de leur argent et de l’allocation finale de leurs actifs.

(at)

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