‘Les GAFA sont ceux qui s’en sortent aujourd’hui le mieux, et pourtant ce sont les moins taxés’

Isopix

Si la crise du coronavirus aura confirmé une chose, c’est la toute-puissance des géants du numérique. Google, Amazon et autres Facebook ne connaissent pas la crise. De quoi raviver le débat sur une taxe GAFA.

La nouvelle est tombée ce lundi. Le Monde apprenait que les débats autour de la fameuse taxe GAFA au niveau mondial, préparée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seront reportés en octobre. Ils devaient avoir lieu dès ce mois de juillet.

La crise du coronavirus est la cause de ce report, suite aux pressions ‘de nombreux États’ au sein de l’OCDE. La crise a parfois bon dos, alors que les géants du numérique s’en sortent très bien économiquement de par la nature de leurs activités.

Cette décision a poussé le ministre français des Finances, Bruno Lemaire, à relancer l’idée d’une taxe GAFA au niveau européen, plus crédible selon lui: ‘Cette crise montre que ceux qui s’en sortent aujourd’hui le mieux, ce sont les géants du numérique simplement parce que leurs activités se poursuivent y compris pendant la crise, et pourtant ce sont les moins taxés’, a-t-il expliqué lors d’une conférence LinkedIn, dont les propos ont été rapportés par BFM Business. ‘Donc ma proposition de taxation du numérique, elle est plus d’actualité que jamais et j’espère que nos partenaires européens vont prendre conscience de la nécessité absolue qu’il y a à accélérer sur la taxation des géants du numérique’, a-t-il plaidé.

De plus en plus de voix s’élèvent face à la réussite outrageuse des GAFA, même en temps de crise. Le patron d’Accor, géant de l’hôtellerie, ne connait évidemment pas le même succès et l’a fait savoir sur le site spécialisé Petit Web: ‘Depuis cinq ans, nous avons confié notre avenir à cinq sociétés mondiales. Dans cette crise, elles sont sourdes, muettes, étrangement absentes. Jack Ma et Bill Gates ont agi. Mais pas leur société. Après cette crise, le public comptera les points. Il regardera qui a été présent, et qui a été absent.’

Les GAFA ne connaissent pas la crise

Fin de semaine dernière, Microsoft a annoncé un bénéfice net de 10,8 milliards de dollars lors du dernier trimestre. Facebook a doublé le sien à 4,9 milliards de dollars. Google a vu lui ses revenus publicitaires augmenter. Jeff Bezos, le CEO d’Amazon, est le milliardaire qui s’est le plus enrichi depuis le début de l’année. Seul Apple semble s’en sortir moins bien, voyant ses ventes chuter.

Début février, les pays du G20 discutaient d’une potentielle taxe GAFA avec un relatif consensus, sauf qui vous savez. Donald Trump, logiquement, ne voit pas d’un bon œil une taxe qui viserait uniquement ses fleurons du numérique.

Mais ne pas penser à une taxe GAFA généralisée, c’est laisser la place aux législations nationales, ce qui pourrait avoir un effet encore plus négatif pour ces entreprises. Un constat qui est partagé par le secrétaire d’État américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Selon l’OCDE, une taxe GAFA transnationale pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards de dollars par an.