Principaux renseignements
- Les Européens sont désormais favorables à une augmentation des dépenses militaires et à l’armement national.
- La perte de confiance dans les engagements des États-Unis en matière de sécurité est à l’origine de cette volonté d’autonomie.
- L’OTAN reste plus crédible qu’une alternative de défense européenne autonome.
Une étude récente du Conseil européen des relations étrangères révèle une préférence croissante des Européens pour une augmentation des dépenses militaires et un recours accru à l’armement produit localement.
D’après un sondage réalisé en mai 2026 auprès de plus de 18 000 participants dans 15 pays, dont le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne, les données indiquent un consensus général en faveur d’un renforcement des budgets de défense. L’Italie a constitué la seule exception, où une majorité des personnes interrogées s’est opposée à l’augmentation des dépenses militaires.
Autonomie régionale
Ce changement d’opinion publique fait suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, qui a entraîné une forte augmentation des dépenses de défense. Cette tendance devrait s’accélérer, les membres de l’OTAN s’étant engagés à consacrer 3,5 pour cent de leur PIB à la défense de base d’ici 2035. Dans le sillage de cette tendance, la plupart des participants ont exprimé leur préférence pour un approvisionnement en armes au sein de l’Europe.
Si la Pologne reste le seul pays où une majorité continue de privilégier l’armement américain, le reste du continent penche vers l’autonomie régionale. Pour soutenir cette transition, l’UE a mis en place plusieurs cadres financiers, tels que les prêts SAFE de 150 milliards d’euros et le programme d’innovation Agile de 115 millions d’euros, bien que les débats sur l’allocation de ces fonds aux entreprises européennes aient déjà retardé la mise en œuvre du Programme européen pour l’industrie de la défense, doté de 1,5 milliard d’euros.
Confiance en baisse dans les engagements des États-Unis en matière de sécurité
La volonté d’autonomie européenne est alimentée par un déclin de la confiance dans les engagements des États-Unis en matière de sécurité. Sous la direction de Donald Trump, les États-Unis ont réorienté leur stratégie vers la région indo-pacifique et critiqué leurs alliés européens pour leur position sur le conflit américano-israélien en Iran.
Par conséquent, la plupart des personnes interrogées ne croient plus que les États-Unis interviendraient pour les protéger en cas d’attaque. À l’inverse, on observe une conviction plus largement répandue — sauf en Bulgarie — que les voisins européens apporteraient leur aide.
Confiance durable dans l’OTAN
Malgré ce scepticisme envers Washington, les Européens restent réticents à remplacer complètement les structures existantes. L’enquête a révélé qu’un nouveau forum de défense exclusivement européen est impopulaire, seuls 29 pour cent des personnes interrogées y étant favorables. Ce manque de soutien persiste dans les 15 pays interrogés, ce qui suggère que l’OTAN inspire toujours davantage confiance qu’une alternative européenne autonome.
Ce sentiment intervient alors que le commissaire européen à la Défense, Andrius Kubilius, propose une Union européenne de la défense fondée sur un traité, même s’il n’est pas certain que les États membres de l’UE approuveront ce projet.
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