Les États-Unis transforment des sous-marins en bases de lancement de drones sous-marins


Principaux renseignements

  • La marine américaine transforme ses sous-marins en bases de drones en utilisant les tubes lance-torpilles existants.
  • Iver4 900 drones étendent la portée des capteurs pour le renseignement et la détection de mines sans mettre en danger le navire principal.
  • Ce changement impose une refonte de la conception des futurs sous-marins afin d’y inclure des espaces dédiés au stockage de véhicules autonomes.

La Marine américaine modifie en profondeur l’utilité de ses sous-marins d’attaque nucléaires en les transformant en plates-formes pour drones sous-marins autonomes. Historiquement, les tubes lance-torpilles étaient conçus pour un déploiement à sens unique, lançant des armes et des leurres qui n’étaient jamais destinés à revenir. Cependant, le défi consistant à récupérer un véhicule tout en restant immergé a finalement été relevé. Après une série de revers et d’initiatives avortées, un nouveau système est actuellement en cours d’intégration dans les sous-marins de classe Virginia.

Plusieurs tentatives infructueuses

Le parcours menant à cette capacité a été marqué par des essais et des erreurs. Les premières tentatives, telles que le drone Snakehead, ont été abandonnées en raison de contraintes de taille. Un projet ultérieur impliquant le drone Yellow Moray a franchi une étape historique lorsque l’USS Delaware a mené à bien plusieurs missions de lancement et de récupération.

Ce succès a fait suite à un échec antérieur dans un fjord norvégien, où un composant endommagé avait empêché la récupération. Malgré cette avancée technique, le programme Yellow Moray a finalement été abandonné, obligeant la Marine à rechercher une troisième solution.

L’Iver4 900

La conception actuelle, couronnée de succès, développée par L3Harris et mise en œuvre dans le cadre d’un contrat avec la Defense Innovation Unit, utilise le drone Iver4 900. Afin de permettre sa récupération sans modifier la structure du sous-marin, le drone est logé dans un boîtier spécialisé « SAFECAP » qui s’adapte aux tubes lance-torpilles standard de 21 pouces. Ces engins en fibre de carbone sont capables de parcourir plus de 80 milles marins (150 kilomètres) grâce à des batteries lithium-ion de pointe.

Ils peuvent être équipés de diverses charges utiles pour la collecte de renseignements, la cartographie des fonds marins et la détection de mines, fonctionnant comme des « ailiers fidèles » qui étendent la portée sensorielle du sous-marin jusqu’à 24 heures.

Implications pour la guerre sous-marine

D’un point de vue stratégique, cette technologie agit comme un multiplicateur de force essentiel. Alors que la Marine est confrontée à une pénurie de sous-marins d’attaque, ces drones permettent à un seul navire de répartir ses capacités de surveillance sur de vastes zones, telles que des côtes défendues ou des câbles sous-marins sensibles, sans mettre en danger le navire principal. Ce changement opérationnel est si significatif que la Marine conçoit dès le départ sa prochaine génération de sous-marins d’attaque avec des espaces internes dédiés à ces drones.

Bien que certains détails restent classifiés — notamment les coûts contractuels spécifiques, les dates de livraison et les méthodes de communication à longue portée —, l’obstacle technique majeur a été surmonté. La Marine a prouvé qu’un drone pouvait être lancé et récupéré par un tube lance-torpilles alors que le sous-marin reste en immersion, transformant ainsi un système unidirectionnel centenaire en un outil bidirectionnel pour la guerre sous-marine. (fc)

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