Principaux renseignements
- L’OCDE exhorte le gouvernement britannique à donner la priorité à une discipline budgétaire stricte.
- La pression fiscale au Royaume-Uni a atteint son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale.
- Des cadres généraux de viabilité garantiront la stabilité économique à long terme.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a conseillé au prochain gouvernement britannique de donner la priorité à une gestion financière rigoureuse. Selon la récente évaluation économique de l’organisation, le prochain Premier ministre — qui devrait être Andy Burnham — prendra ses fonctions dans un contexte marqué par des obstacles importants, notamment une croissance stagnante, une inflation persistante et des paiements d’intérêts sur la dette publique supérieurs à ceux de la Grèce.
La pression fiscale atteint un niveau historiquement élevé
L’OCDE a salué la stratégie de Rachel Reeves visant à stimuler la croissance par le biais de réformes, ainsi que les efforts de Burnham pour décentraliser le pouvoir vers les gouvernements régionaux afin de combler les écarts de productivité et d’améliorer la qualité de vie.
Cependant, les nouveaux dirigeants sont confrontés à un contexte financier précaire ; la charge fiscale ayant atteint son plus haut niveau depuis la Seconde Guerre mondiale, la marge de manœuvre pour un endettement supplémentaire est très réduite. L’organisation a souligné que la hausse des coûts des services sociaux et des soins de santé restreint encore davantage la flexibilité financière du gouvernement.
Pressions géopolitiques
Des facteurs externes, tels que l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, ont provoqué une flambée des prix du pétrole, menaçant d’accroître à la fois l’inflation et le coût de l’emprunt. Les analystes financiers de la Deutsche Bank ont noté que ces changements ont déjà considérablement érodé la marge de manœuvre budgétaire précédemment établie par Reeves.
Afin de préserver la confiance des investisseurs, Burnham s’est engagé à respecter les limites budgétaires existantes. L’OCDE a suggéré au gouvernement d’élaborer des plans financiers de secours pour garantir la stabilité au cas où des pressions politiques ou économiques rendraient difficiles les réductions de dépenses.
De coupes dans les retraites et les prestations sociales
Les impôts ayant déjà atteint des niveaux historiques, l’OCDE a fait valoir que le gouvernement devait réaliser des économies en réduisant les dépenses. Plus précisément, elle a recommandé de supprimer le « triple verrou » sur les retraites de l’État, qualifiant le système actuel de trop coûteux et de risque pour la santé budgétaire.
En outre, le groupe a appelé à une restructuration des systèmes d’aide sociale afin de stimuler l’emploi, soulignant que l’augmentation du nombre de déclarations de handicap constituait la cause principale de la flambée des versements de prestations de santé et d’invalidité.
Affiner le cadre économique à long terme
Alors que Reeves a souligné que le Royaume-Uni avait retrouvé sa stabilité et devrait emprunter moins que la moyenne du G7, l’OCDE a estimé que son cadre actuel était trop restrictif.
L’organisation a averti qu’une attention excessive portée à la marge de manœuvre budgétaire à court terme engendrait de l’imprévisibilité. Elle a proposé à la place de recourir à des évaluations de viabilité plus larges afin de mieux prendre en compte l’incertitude économique et de favoriser une prise de décision à long terme plus cohérente.
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