Les États-Unis envisagent l’achat de nouveaux F-16 : voici ce que l’on sait déjà à ce sujet


Principaux renseignements

  • L’armée de l’air américaine pourrait reprendre ses acquisitions de F-16 d’ici 2027 afin de pallier les pénuries critiques au sein de sa flotte.
  • Les nouveaux F-16G seraient équipés d’un radar de pointe, de suites de guerre électronique et d’une capacité de carburant accrue.
  • Les infrastructures de fabrication existantes permettent une production rapide sans nouveaux investissements coûteux.

L’armée de l’air américaine étudie la possibilité de reprendre les acquisitions de F-16 d’ici l’exercice budgétaire 2027. Cette décision mettrait fin à une interruption de plus de deux décennies dans l’achat de cet appareil, une interruption qui s’explique par l’hypothèse selon laquelle le F-35A succéderait entièrement à cet avion de l’époque de la Guerre froide.

En raison des coûts élevés et du nombre limité d’acquisitions du F-35, ainsi que du vieillissement de la flotte actuelle de F-16, l’armée de l’air envisage une version modernisée connue sous le nom informel de F-16G.

Cellule améliorée et autonomie

Plutôt que de moderniser les avions existants, le F-16G serait une nouvelle cellule basée sur la norme Block 70 actuellement exportée vers des pays comme Taïwan et Bahreïn. Cette version est conçue pour offrir une autonomie et une polyvalence opérationnelle nettement supérieures à celles des anciens modèles C/D.

Parmi les principales améliorations techniques, on peut citer l’ajout de réservoirs alaires d’environ 2 270 litres et de réservoirs de carburant conformes fixés au fuselage. Ces réservoirs permettent à l’avion de transporter davantage de carburant sans sacrifier les stations d’armement, ce qui augmente son rayon d’action — une exigence cruciale pour parcourir les vastes distances du théâtre d’opérations du Pacifique.

Progrès technologiques

Sur le plan technologique, le F-16G constituerait un bond en avant significatif. Il devrait être équipé d’un radar avancé, potentiellement dérivé de l’AN/APG-85 du F-35, offrant de meilleures performances et un meilleur rendement énergétique. Afin d’améliorer sa capacité de survie dans un espace aérien contesté, l’appareil intégrerait la suite de guerre électronique « Integrated Viper » AN/ALQ-257 de Northrop Grumman, destinée au brouillage et à la détection des menaces.

De plus, un pod de recherche et de poursuite infrarouge (IRST) permettrait au pilote de localiser les avions ennemis grâce à leurs signatures thermiques sans émettre de signaux radar susceptibles de révéler sa propre position.

Infrastructures existantes

La production de cet avion serait rationalisée, car Lockheed Martin dispose déjà d’un site de fabrication bien établi en Caroline du Sud. La chaîne d’approvisionnement est en outre soutenue par des partenaires confirmés. Northrop Grumman fournirait les systèmes électroniques, tandis que GE Aerospace et Pratt & Whitney fourniraient les moteurs.

Grâce à cette infrastructure existante, le gouvernement américain n’aurait pas besoin d’investir dans de nouvelles lignes de production à partir de zéro.

Limites de conception et nécessité stratégique

Malgré ces améliorations, le F-16G reste limité par sa philosophie de conception datant des années 1970. En tant que chasseur monomoteur léger, il ne dispose pas de capacités furtives et ne peut rivaliser avec la perception de la situation ni la charge utile du F-35A ou du F-15EX. Il resterait également inférieur aux avions chinois de premier plan tels que le J-20.

Cependant, l’urgence tient à une question de chiffres : l’âge moyen de la flotte actuelle de F-16 américains est de 34 ans, et il n’y a tout simplement pas assez de chasseurs de cinquième génération pour répondre aux besoins opérationnels mondiaux.

Planification budgétaire

Bien que l’armée de l’air n’ait pas officiellement confirmé l’achat ni la désignation « G », la proposition est à l’étude dans le cadre de la planification budgétaire pour l’exercice 2028. Des hauts responsables discuteront probablement de ces solutions de renforcement des capacités lors de la prochaine conférence de Corona.

Pour l’instant, l’armée en est encore aux étapes préliminaires de la définition de ses besoins, reconnaissant que la base industrielle actuelle est confrontée à des défis liés à l’obsolescence et aux retards de production. (fc)

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