Les entreprises bruxelloises fuient vers d’autres régions en raison de la hausse des impôts


Principaux renseignements

  • La flambée des taxes foncières pousse les entreprises à quitter Bruxelles.
  • La Flandre et la Wallonie profitent de cet exode des entreprises.
  • Les hausses d’impôts locaux compromettent la vitalité économique à long terme de la ville.

De plus en plus d’entreprises quittent la Région de Bruxelles-Capitale pour s’installer en Flandre et en Wallonie, principalement en raison de la hausse des impôts fonciers locaux. Les données de Statbel indiquent un changement notable. L’année dernière, 1 687 entités assujetties à la TVA se sont installées en Flandre, soit 424 de plus que le nombre d’entreprises arrivées. Une tendance similaire se dessine en Wallonie, qui a enregistré un solde net de 463 entreprises quittant la capitale. Si ce phénomène existait déjà auparavant, l’écart entre les arrivées et les départs s’est accentué à la suite de la pandémie.

Cabinet du Hublet nuance les chiffres concernant les départs d’entreprises

Le cabinet du ministre bruxellois de l’Économie, Laurent Hublet (Les Engagés), suggère de The Brussels Times que ces statistiques doivent être interprétées avec nuance.

Son cabinet met en avant la hausse des créations d’entreprises et l’augmentation des bénéfices dans les secteurs de l’industrie et des services comme des signes de bonne santé économique. Il fait valoir que les données sur la migration ne signifient pas un effondrement de l’esprit d’entreprise, mais plutôt la nécessité d’éliminer certains obstacles spécifiques qui incitent les entreprises à partir.

Catalyseur de l’exode

Cependant, Thierry Geerts, de l’organisation patronale Beci, identifie la flambée des taxes foncières communales comme le principal catalyseur de cet exode, écrit The Brussels Times.

Il explique que les entreprises déménagent rarement uniquement en raison de hausses d’impôts. Ces coûts deviennent plutôt un facteur décisif lorsqu’une entreprise atteint un point de transition naturel, tel que l’expiration d’un bail ou le besoin de plus d’espace. Geerts décrit la situation fiscale actuelle comme une « explosion » plutôt qu’une augmentation progressive.

Forte augmentation des coûts

La charge financière qui pèse sur les entreprises résulte d’une combinaison de la taxe communale sur les locaux à usage de bureaux, des surtaxes communales sur la propriété foncière et des prélèvements régionaux sur la surface non résidentielle.

L’ampleur de ces hausses est alarmante. Ainsi, la taxe sur les locaux à usage de bureaux à Bruxelles-Ville est passée de 9,58 euros par mètre carré en 2021 à 24 euros en 2025, soit une augmentation de 151 pour cent. Des hausses considérables ont également été observées dans d’autres communes, comme Anderlecht.

De plus, plusieurs communes ont augmenté les surtaxes sur le précompte immobilier de 20 pour cent en moyenne. Ce pourcentage est supérieur à celui observé lors de hausses comparables en Wallonie et en Flandre.

Paradoxe fiscal

Cette pression fiscale s’explique en partie par la volonté des communes bruxelloises de compenser la diminution des subventions gouvernementales par des recettes fiscales locales. Il en résulte un paradoxe. Les efforts de collecte de fonds au niveau local sapent l’objectif de compétitivité économique poursuivi par le gouvernement régional.

Malgré des initiatives telles que les plans « Oxygen Brussels » et « All.In », destinés à soutenir les PME et à redynamiser l’économie, la proximité géographique de la Flandre permet aux entreprises de s’installer facilement de l’autre côté de la frontière.

(at)

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