Principaux renseignements
- Les cybercriminels ont de plus en plus souvent recours à des menaces de violence physique pour extorquer des rançons à leurs victimes.
- Ces menaces impliquent souvent que les pirates accèdent à des données personnelles et recourent à des tactiques d’intimidation telles que des appels téléphoniques menaçants ou du harcèlement direct.
- L’essor des plateformes de « violence en tant que service » amplifie encore le danger, en permettant aux criminels d’externaliser les menaces moyennant finance.
Le monde assiste à une tendance inquiétante : les cybercriminels recourent de plus en plus à des menaces de violence physique pour extorquer leurs victimes. C’est ce que rapporte la BBC. Cette escalade des tactiques est motivée par la rentabilité croissante des attaques par ransomware et la disposition de certaines personnes à commettre des actes de violence contre rémunération.
Augmentation spectaculaire des menaces physiques
Il y a quelques années, Tim Beasley, employé d’une société de sécurité américaine, a fait l’expérience directe des conséquences terrifiantes de ces tactiques en constante évolution. Alors qu’il négociait le paiement d’une rançon pour le compte d’un organisme gouvernemental victime d’une cyberattaque, il a reçu à son domicile un colis menaçant contenant des allusions à des violences physiques s’il ne se pliait pas à leurs exigences.
Les données du FBI révèlent une augmentation spectaculaire des menaces physiques associées aux cyberattaques. Rien qu’aux États-Unis, ces menaces ont plus que doublé l’année dernière, ajoutant une nouvelle dimension de peur et de vulnérabilité pour les victimes. Cette tendance se retrouve à l’échelle mondiale, les recherches de Semperis indiquant que près de 40 pour cent des attaques par ransomware dans le monde impliquaient des menaces de violence à l’encontre du personnel refusant de payer les rançons.
Intimidation physique directe
Les méthodes employées par ces cybercriminels sont variées et effrayantes. Les pirates informatiques accèdent souvent à des données personnelles, y compris des adresses personnelles, et utilisent ces informations pour intimider les victimes par le biais d’appels téléphoniques menaçants, voire de harcèlement physique direct. Dans certains cas, ils démontrent leur contrôle sur des machines industrielles, pouvant causer des dommages en manipulant des robots et des convoyeurs.
Si l’on sait que des groupes de ransomware soutenus par des États ont déjà proféré des menaces, la majorité de ces actes violents sont orchestrés par des groupes motivés par l’appât du gain, souvent composés de jeunes individus qui sous-traitent la violence à d’autres. Ils utilisent des plateformes en ligne pour recruter des personnes disposées à mettre leurs menaces à exécution contre rémunération.
Le rôle des cryptomonnaies
Le monde des cryptomonnaies est devenu un terrain particulièrement propice à ce type de cybercriminalité. Des affaires très médiatisées impliquant des enlèvements et des agressions physiques contre de riches investisseurs en cryptomonnaies mettent en évidence la vulnérabilité de ceux qui affichent publiquement leur réussite.
Les forces de l’ordre prennent de plus en plus conscience de la gravité de ce problème. Le FBI a publié une alerte mettant en garde contre la menace croissante que représentent les réseaux criminels en ligne tels que « In Real Life Com », qui proposent des services de violence à quiconque est prêt à payer. Europol, l’agence de police de l’Union européenne, enquête activement sur ces affaires dans le cadre de son effort plus large de lutte contre la « violence en tant que service ». (fc)
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