Les chiffres de l’inflation sont-ils surestimés ? Le débat continue mais ne mène à rien…

Depuis plusieurs jours, le débat sur la méthode correcte de calcul de l’inflation fait rage aux Pays-Bas. Cette question peut également être posée en Belgique.

Ce faisant, on calcule les prix de l’énergie comme si tout le monde devait les payer aujourd’hui, au lieu de tenir compte des contrats existants. Cela alimente largement les chiffres officiels, lorsque les prix de l’énergie atteignent des sommets. Et cela pousse à son tour l’agitation sur le pouvoir d’achat vers les syndicats, et une plus grande indexation des salaires, vers les employeurs.

  • Le vice-premier ministre compétent, le ministre de l’Emploi, Pierre-Yves Dermagne (PS), a saisi Statbel, le service statistique belge qui détermine le niveau de l’inflation. En effet, au printemps dernier, on s’inquiétait déjà de la surestimation de la hausse des prix : « Il y a maintenant des indications selon lesquelles les indicateurs de prix de l’énergie pourraient surestimer les factures moyennes réelles et amplifier et mettre en avant l’impact des fluctuations de prix (à la hausse et à la baisse) », écrivait Dermagne à Statbel.
  • Ce dernier a réagi : il s’agit d’une méthode imposée par l’Europe, qui est également utilisée par le service statistique de l’UE, Eurostat. « Cependant, les anciens prix des contrats conclus dans le passé ne sont pas suivis ». Ce faisant, ils donnent un exemple, qui confirme en fait la critique, mais justifie leur méthode de calcul : « Quel est le prix du mazout domestique actuellement, alors que de nombreuses familles se sont déjà fait livrer leur mazout il y a quelques mois ? Quel est le prix d’un voyage vers la destination x actuellement, même si certaines familles sont allées à cette même destination à un autre moment ? Quel est le prix d’une voiture à l’heure actuelle, même s’il est évident que personne n’achète une voiture tous les mois ? »
  • « Outre le fait que cela nous éloignerait des principes utilisés pour d’autres produits et qu’il ne sera pas facile de relier différentes méthodes, le plus gros problème pour prendre en compte les anciens contrats est que les institutions statistiques ne savent pas quand un contrat a été conclu. Les régulateurs ne le savent pas non plus actuellement », a déclaré Statbel.
  • Le conseil économique flamand de la SERV a ensuite recommandé de travailler avec une moyenne mobile simple sur 12 mois, plutôt que chaque mois. Mais même cette méthode n’est pas possible, selon Statbel : les familles ne changent pas de contrat tous les 12 mois. De plus : « Nous ne pouvons pas nous détacher du système européen ».
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