Les arnaques et le démarchage publicitaire sont-ils en train de ‘tuer’ le téléphone?

Isopix

Selon une enquête menée par Hiya, une application spécialisée dans le blocage de spams et autres arnaques téléphoniques, environ 94% des Américains affirment désormais ne plus décrocher leur téléphone lorsqu’il s’agit d’un numéro inconnu.

Aux États-Unis, environ 4 milliards d’appels automatiques ont ciblé les Américains… sur le seul mois de janvier, selon les chiffres de la société de blocage d’appels YouMail. Cela représente 1.500 appels par seconde ou encore 12,2 appels par habitants.

En cette période de crise du coronavirus, aux arnaques classiques à la sécurité sociale ou aux cartes de crédits, se sont ajoutées celles liées à la pandémie, explique le site Axios.

Le média ajoute que le fait que les Américains ne répondent pratiquement plus au téléphone pose des problèmes précisément liés à la pandémie. Les différents départements de santé des États américains recourent en effet aux appels téléphoniques pour procéder au tracing des contacts des personnes infectées par le coronavirus.

Par ailleurs, des fraudeurs n’hésitent pas à se faire passer pour ces services afin de tenter de soutirer des informations aux personnes contactées. C’est pourquoi les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) précisent sur leur site internet que les équipes de tracing ne demande jamais ni argent, ni numéro de sécurité sociale, comptes bancaires ou cartes de crédit.

Escroqueries et télémarketing

En Belgique aussi, les arnaques téléphoniques comme le démarchage publicitaire non-sollicité ont encore de beaux jours devant eux, malgré les initiatives comme la liste ‘Ne m’appelez plus’, lancée en 2015 et censée offrir l’assurance de ne plus recevoir d’appels commerciaux.

Mais malgré cela, et même si les proportions semblent bien moins affolantes que les chiffres américains, les signalements pour des appels non-sollicités augmentent pratiquement chaque année dans notre pays: 2.649 plaintes en 2015, 3.673 en 2016, 7.853 en 2017, 6.866 en 2018, 9.191 en 2019.

Ces appels peuvent être de plusieurs sortes. Olivier Bogaert, commissaire à la Computer Crime Unit (CCU) de la Police fédérale, en pointaient deux en octobre dernier dans L’Echo. ‘Un tel appel sert parfois à récolter des données comme votre nom, votre adresse et peut-être votre e-mail  afin de vous escroquer plus tard ou afin de les consigner dans une base de données qui sera ensuite revendue à des sociétés de télémarketing.’

Arnaques ou télémarketing, toujours est-il que si ces phénomènes persistent, les Belges risquent fort de finir par imiter les Américains en s’inscrivant sur la liste ‘Je ne décroche plus’…

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