L’élection de Janez Jansa en Slovénie fait basculer l’Union européenne encore plus à droite


Principaux renseignements

  • L’élection de Janez Jansa fait basculer le paysage politique de l’Union européenne davantage vers la droite.
  • La politique conservatrice se concentrera sur l’immigration, les questions LGBTQ et les réductions d’impôts pour les hauts revenus.
  • Des allégations d’espionnage étranger menacent désormais la légitimité des résultats électoraux.

Le paysage politique de l’Union européenne s’est encore déplacé vers la droite suite à l’élection du nationaliste Janez Jansa au poste de Premier ministre de la Slovénie. Ayant obtenu le soutien de 51 membres de l’assemblée législative de 90 sièges, Jansa s’apprête à entamer son quatrième mandat à la tête de ce petit État alpin. Sa victoire offre à Donald Trump une voix favorable au sein de l’UE.

Ascension stratégique vers le pouvoir

L’ascension de Jansa au pouvoir est un exploit stratégique, car il a réussi à former une coalition législative malgré sa défaite de justesse aux élections de mars. Il a réussi à contourner le bloc libéral dirigé par le Premier ministre sortant, Robert Golob. Il dispose désormais d’un délai de deux semaines pour former son nouveau gouvernement.

Ce changement de pouvoir intervient peu après la défaite de Viktor Orbán en Hongrie. Cette défaite a mis fin à seize ans de régime nationaliste. Elle a également freiné la montée d’un mouvement d’extrême droite dans toute l’Europe. Bien que Jansa et Orbán aient été alliés, le nouveau dirigeant slovène ne devrait pas imiter le rôle d’Orbán en tant que principal adversaire de l’UE, en partie en raison de l’influence limitée de la Slovénie. De plus, Jansa se distingue d’Orban par son soutien à l’Ukraine, alors que le dirigeant hongrois a maintenu une position pro-Kremlin.

Politique conservatrice

Le programme de Jansa allie des objectifs économiques à une politique sociale conservatrice. Bien qu’il ait promis de réduire la bureaucratie et de stimuler la croissance, il prévoit également de mettre en œuvre des mesures restrictives. Celles-ci comprennent une réforme du système judiciaire et de la législation sur les médias, la limitation des supports pédagogiques liés à la communauté LGBTQ et le renforcement des contrôles à l’immigration.

Pour faire adopter des lois nécessitant une majorité, la petite coalition de Jansa, composée de 43 membres, devra collaborer avec le parti pro-russe Resni.ca. Ses propositions de réformes économiques comprennent une baisse des impôts pour les hauts revenus, une augmentation des incitations fiscales pour les travailleurs et la réaffectation des actifs de l’État vers un fonds de retraite.

Accusations d’ingérence étrangère

Le chemin vers la victoire de Jansa a été entaché par des accusations d’espionnage étranger. Les services de renseignement slovènes ont mis en cause la société israélienne Black Cube dans le cadre d’enregistrements clandestins. Ceux-ci visaient à impliquer des collaborateurs de Robert Golob dans des affaires de corruption. Bien que Golob ait accusé Jansa d’avoir trahi le pays par le biais de ces opérations, Jansa nie toute implication. Des recours juridiques intentés par des militants de gauche tentent actuellement d’annuler les résultats des élections sur la base de ces allégations d’ingérence étrangère, et une enquête des forces de l’ordre est toujours en cours.

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