Legoland sur l’ancien site de Caterpillar ? ‘L’entreprise chinoise Thunder Power n’est plus une priorité’

Jonathan Hordle/Shutterstock – isopix.

Ce jeudi matin, l’Echo révélait que le parc d’attractions Legoland pourrait prendre place sur l’ancien site de Caterpillar à Charleroi. Avec un millier d’emplois à la clé. Longtemps, le site a été promis au constructeur de voitures électriques chinois Thunder Power. Ce n’est plus à l’ordre du jour, a réagi Willy Borsus (MR), ministre wallon de l’Économie.

Voilà quatre ans que le site de Caterpillar est désespérément vide. Beaucoup ont cru au projet chinois Thunder Power qui aurait pu lui aussi mener à la création de milliers d’emplois. Une enveloppe de la Région wallonne de 150 millions d’euros aurait même pu être débloquée.

Mais en juin dernier, les premiers doutes arrivent. Dans La Libre, un député wallon qualifiait le projet de ‘grand n’importe quoi’. Un peu plus tard cet été, on apprenait par le même député, l’Ecolo Christophe Clersy, que le business plan atour du projet était confidentiel. Willy Borsus se réfugiait derrière ‘des données sensibles’. ‘Ce n’est pas une étude de marché’, appuyait-il. Pas moyen d’en savoir plus donc.

Trop tôt

Eh bien aujourd’hui, on en sait plus. Réagissant à l’information de l’Echo – l’implantation d’un parc d’attractions Legoland – le ministre de l’Économie précise par communiqué ‘que plusieurs projets sont à l’étude. Des projets forts et porteurs d’emplois’, mais que ‘les reports successifs qui concernent Thunder Power, même si certains peuvent logiquement se justifier eu égard à la crise du covid-19, font aujourd’hui que ce projet ne constitue plus la priorité pour ce site.’

Parmi ces nouvelles pistes, le ministre confirme le parc d’attractions Legoland du groupe Merlin : ‘Les négociations avec le groupe Merlin sont encore au stade de l’étude. Il y a donc lieu de faire preuve de réserve dans les différentes analyses et communications. J’ai eu des contacts avec le groupe Merlin, des réunions de travail avec la SOGEPA, avec l’AWEX, avec la Ville, mais pour l’instant, les négociations sont en cours et plusieurs sites sont en concurrence à travers le globe pour accueillir ce nouveau parc. Attirer de gros projets sur notre territoire requiert énormément de travail, de négociation et de subtilité. Nous restons convaincus des nombreux arguments de la Wallonie pour nos sites en reconversion.’

Transparence

Le député Christophe Clersy, dont le parti est au gouvernement, se montre lui aussi prudent: ‘L’arrivée d’un nouvel opérateur créateur d’emplois sur le site de Caterpillar serait une excellente nouvelle pour notre région. Si l’information se confirme, on parle de la création de 1000 à 1500 emplois directs et indirects. Il faut cependant rester prudent avec les effets d’annonce.’

L’écologiste s’interroge sur la crédibilité du projet Legoland: ‘Nous n’avons aucune information sur l’évolution de ce projet. Quid du timing ? Quid du contexte concurrentiel (Walibi, Pairi Daiza, etc..? Qu’en est-il de la pérennité du projet ?  Thunder Power est-il définitivement enterré ? Les deux activités seraient elles exclusives l’une à l’autre ? Une localisation proche du site de Caterpillar pourrait-elle être proposée pour Légoland ? Quid de la qualité de l’emploi ? La reconversion de ce site est importante pour notre région, mais pas à n’importe quel prix. Nous devrons également être attentifs à la qualité des emplois qui y seront proposés et à la qualité du développement économique indirect qui sera généré par une telle implantation.’

Le député compte une nouvelle fois interroger le ministre à la rentrée: ‘Nous demandons depuis suffisamment longtemps que toute la transparence soit faite sur ce dossier eu égard aux promesses faites aux 3.000 travailleurs de Caterpillar. Notre région attend une reconversion de ce site depuis près de 4 ans.’

La Wallonie connait déjà son premier dossier chaud pour la rentrée.