L’économie belge tient bon, mais la croissance reste limitée à 0,9 pour cent


Principaux renseignements

  • L’économie belge a connu une croissance modeste de 0,9 pour cent en 2025.
  • Les dépenses de consommation et les dépenses publiques ont été les principaux moteurs de cette croissance.
  • La dette publique a grimpé à 108,1 pour cent du PIB, le déficit budgétaire s’étant creusé.

La Belgique a connu une croissance économique modeste de 0,9 pour cent en 2025, un taux similaire à celui de l’année précédente. Les données détaillées publiées par l’Institut des comptes nationaux (ICN) le 14 octobre fournissent une ventilation complète des chiffres.

Évolutions industrielles

L’économie nationale a affiché des résultats mitigés selon les secteurs. La croissance a été principalement tirée par les services publics, l’éducation, la santé et les activités techniques spécialisées. Par ailleurs, le secteur de la construction a connu une forte reprise, notamment dans le génie civil et les projets non résidentiels.

À l’inverse, des baisses ont été observées dans l’hôtellerie, le commerce, les services culturels et la distribution d’énergie. Alors que le secteur industriel a continué de se contracter, le rythme de ce recul s’est ralenti grâce à une reprise dans les secteurs de la chimie, de la pharmacie, de la transformation des métaux et de la production alimentaire.

Stagnation du marché du travail

La croissance du marché du travail est restée atone, le nombre total de personnes occupées n’augmentant que de 0,4 pour cent, soit environ 21 400 personnes. Cette croissance a été largement tirée par les travailleurs indépendants, dont le nombre a augmenté de 14 600, tandis que l’emploi salarié n’a progressé que de 6 700 personnes.

Le nombre total d’heures travaillées étant resté stable malgré la légère hausse des effectifs, la durée moyenne de travail par personne a continué de baisser.

Dépenses de consommation et dépenses publiques

Les dépenses de consommation et les dépenses publiques ont été les principaux moteurs de la croissance. La consommation des ménages a augmenté de 1,4 pour cent, représentant près de la moitié de la croissance globale du PIB. Cette hausse a été alimentée par les dépenses liées au logement, aux services financiers, aux assurances et à l’habillement – ce dernier étant de plus en plus souvent acheté en ligne. En revanche, les dépenses consacrées aux transports, à la restauration, ainsi qu’à l’alcool et au tabac ont diminué, en partie en raison d’importantes hausses de prix.

Les dépenses des ménages ayant augmenté de 3,7 pour cent en valeur, dépassant la croissance du revenu nominal de 2,8 pour cent, le taux d’épargne a légèrement baissé pour s’établir à 13,7 pour cent. Parallèlement, la consommation publique a progressé de 2,2 pour cent, tirée par les dépenses de santé et les salaires des fonctionnaires.

Recul du marché immobilier

Les tendances en matière d’investissement ont globalement stagné, mais ont varié selon les secteurs. Les investissements des entreprises ont progressé de 1,4 pour cent, soutenus par la transformation numérique et d’importants projets bancaires et immobiliers. Les investissements publics ont augmenté de 2,4 pour cent, tirés par la défense et les infrastructures de transport.

En revanche, les investissements résidentiels ont chuté de 6,7 pour cent, l’effet du pic des permis de construire de 2021 s’estompant et les taux d’intérêt élevés continuant à décourager les propriétaires, ce qui a poussé le taux d’investissement des ménages à des niveaux historiquement bas.

Déséquilibres commerciaux

Le commerce international a pesé sur l’économie, freiné par l’instabilité géopolitique. Les exportations sont restées stables à -0,1 pour cent, tandis que les importations ont augmenté de 0,4 pour cent, ce qui s’est traduit par une contribution nette des exportations de -0,4 point de pourcentage à la croissance du PIB.

Ce déficit s’explique par une baisse des exportations d’énergie, notamment d’électricité et de pétrole. Bien que le secteur des services ait progressé de 1,5 pour cent – grâce aux licences, aux services financiers et à l’augmentation des dépenses de voyage des Belges à l’étranger – , cela n’a pas suffi à compenser le recul des biens.

Situation budgétaire

La santé budgétaire du pays s’est détériorée, le déficit budgétaire public s’étant creusé pour atteindre 5,2 pour cent du PIB, contre 4,4 pour cent en 2024. Les dépenses primaires ont augmenté pour atteindre 52,2 pour cent du PIB, tandis que les recettes ont chuté à 49,2 pour cent, en grande partie en raison d’une correction des recettes de l’impôt sur les sociétés après une année 2024 exceptionnellement forte.

Les paiements d’intérêts ont également augmenté pour la troisième année consécutive en raison de l’augmentation du niveau d’endettement et de conditions de refinancement plus onéreuses. En conséquence, la dette publique a atteint 108,1 pour cent du PIB.

Déficit de financement global

Enfin, la Belgique a maintenu un déficit de financement de 0,6 pour cent du PIB par rapport à l’économie mondiale. Cela s’explique principalement par le fait que l’augmentation du déficit public n’a pas été compensée par les autres secteurs. Les excédents des ménages sont restés stables et la situation financière des entreprises s’est affaiblie.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus