L’économie allemande vacille : un hiver rigoureux pourrait réduire à néant une reprise fragile


Principaux renseignements

  • Les conditions météorologiques hivernales rigoureuses menacent de réduire à néant la fragile reprise économique de l’Allemagne.
  • Le niveau extrêmement bas des réserves de gaz rend le pays vulnérable aux flambées de prix.
  • Les défaillances du marché et la concurrence mondiale entravent la constitution de stocks énergétiques indispensables.

La dynamique économique allemande, qui s’était récemment améliorée, est gravement menacée par une crise énergétique imminente. C’est ce qu’écrit The Telegraph. Alors que le pays a connu une reprise surprenante des commandes industrielles et du moral des entreprises – contredisant ainsi sa réputation d’économie la plus faible d’Europe – , cette fragile reprise dépend fortement des conditions météorologiques de l’hiver à venir. Une vague de froid intense pourrait inverser les progrès récents et replonger l’économie dans la récession.

Pénuries critiques de réserves de gaz

La principale préoccupation du chancelier Friedrich Merz est le niveau alarmant des réserves de gaz. Le taux de stockage actuel s’élève à 51 pour cent, le plus bas pour cette saison depuis le début des relevés en 2009, ce qui est bien en deçà de l’objectif de 70 pour cent fixé pour novembre.

Les experts avertissent que l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) pendant le pic hivernal est trop lente pour compenser ces déficits, ce qui rend le pays vulnérable en cas de pic de demande.

Risque de volatilité des prix de l’énergie

L’Allemagne ayant renoncé au charbon et au nucléaire, elle dépend d’un mix énergétique volatil composé d’énergie éolienne et de gaz. Si la production éolienne vient à manquer en cas de vague de froid, le gouvernement doit acheter du gaz sur le marché spot. Cela s’avère particulièrement risqué maintenant que les prix ont grimpé vers les 70 euros par mégawattheure – et pourraient potentiellement atteindre les 100 euros – suite à la fermeture du détroit d’Ormuz.

Impact sur l’industrie et les ménages

Cette flambée des coûts touchera probablement d’abord les entreprises industrielles, puis les ménages lors du renouvellement de leurs contrats annuels. Les prix de l’énergie en Allemagne comptent déjà parmi les plus élevés de l’UE, ce qui contribue à un recul des ventes au détail et de la production industrielle. La croissance du PIB restant atone, de nouvelles hausses de prix pourraient paralyser les secteurs grands consommateurs d’énergie.

Défaillances du marché 

L’autorité de régulation gouvernementale soutient que le risque d’une rupture totale d’approvisionnement est faible, laissant la gestion des stocks au secteur privé. Cependant, la dynamique du marché a dissuadé les entreprises de remplir leurs réservoirs ; comme les prix à terme devaient baisser, il y avait peu de rentabilité à stocker du gaz maintenant pour le vendre plus tard.

De plus, l’Allemagne est confrontée à une concurrence acharnée de la part des acheteurs asiatiques pour le GNL américain.

Pressions politiques

Sur le plan politique, le chancelier Merz se trouve dans une position précaire. Bien qu’il ait évité par le passé de procéder à des baisses importantes de la taxe sur les carburants, la chute des températures et les mauvais résultats électoraux pourraient le contraindre à mettre en place des plafonds de prix ou des subventions coûteux afin d’apaiser l’opinion publique.

De telles mesures mettraient à rude épreuve un budget déjà sous le feu des projecteurs, comme en témoigne la hausse des rendements des obligations d’État.

(at)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus