Le ‘syndrome hollandais’ menace la croissance record du Guyana

(Source: EPA)

Le petit État sud-américain du Guyana devrait connaître en 2020 une croissance spectaculaire de 86%, selon le FMI. Une apparente bonne nouvelle, mais qui n’est pas sans risque.

Nichée entre le Brésil, le Surinam et le Venezuela, la République coopérative du Guyana est une petite nation pauvre d’Amérique du Sud où près de 40% des 780.000 habitants vit sous le seuil de pauvreté. Une situation sur le point de changer, nous apprend le site de CNBC, relayé par Korii.

Le FMI estime en effet que le pays connaîtra une croissance phénoménale de 86% en 2020, bien plus que les 4,4% prévus en 2019. Jamais le Fonds Monétaire International n’avait formulé de prévisions aussi optimistes.

Ce miracle économique annoncé devrait devenir réalité grâce à l’exploitation de vastes gisements de pétrole récemment découverts au large des côtes. Les réserves d’or noir sont estimées à environ 3 milliards de barils. Cela représente 3.900 barils par habitant, soit bien plus que les quelque 1.900 barils par personne que recèle l’Arabie saoudite, précise CNBC.

‘Syndrome hollandais’

Cependant, le FMI met en garde contre le risque de voir apparaître au Guyana le ‘syndrome hollandais’, également connu sous le nom plus explicite de ‘malédiction des matières premières’.

‘L’accroissement de la dépense publique doit se faire de manière graduelle pour éviter les goulots d’étranglement, le gaspillage et minimiser les distorsions macroéconomiques connues sous le nom de ‘maladie hollandaise’, qui ont souvent handicapé les systèmes faisant face à un gain massif de revenus issus de matières premières’, conseille le FMI.

Pour comprendre la référence aux Pays-Bas, il faut remonter aux années 1960. À cette époque, d’importants gisements de gaz ont été découverts chez nos voisins, dans la province de Groningue puis en mer du Nord. L’arrivée de cette manne a dopé les exportations provoquant du même coup une forte appréciation de sa monnaie dont la conséquence a été de faire chuter la compétitivité des autres produits exportés.