Le salaire des footballeurs de Pro League atteint un niveau intenable : 249.000 euros par an en moyenne

La crise du coronavirus enfonce encore plus les clubs de football professionnels belges dans un marécage financier. Parmi les 25 clubs, seuls 6 sont rentables. Une cause structurelle, bien antérieure à la pandémie, y est pour beaucoup: l’augmentation du salaires des joueurs.

  • Le salaire annuel brut moyen d’un footballeur professionnel en Belgique était de 249.000 euros lors de la saison 2019-2020, selon le bilan annuel du groupe de conseil Deloitte commandé par la Pro League. Ces chiffres ne se réfèrent donc pas à la saison qui vient de s’achever, mais à la précédente C’est presque 7% de plus que la saison 2018-2019, où la moyenne était de 233.000 euros.
  • Dans les clubs du G5 (Club Bruges, Anderlecht, Standard, Genk, Gand), le salaire moyen s’élève à 385.000 euros.
  • Le problème est que les revenus des clubs n’augmentent pas aussi rapidement. En conséquence, les salaires des joueurs dépassent largement le chiffre cible de 50% des revenus. Le ratio est passé de 55% à 61% en un an.
  • Ce sont surtout les petits clubs professionnels qui devraient tirer la sonnette d’alarme, car pour les clubs de D1B (l’ancienne D2), la charge salariale s’élève à plus de 84% des revenus.
  • La ‘règle d’or’, à savoir limiter les salaires des joueurs à 50% du chiffre d’affaires, a été violée. Cela met en danger la durabilité des clubs. ‘D’où notre conseil lors de la négociation de nouveaux contrats: faites attention aux salaires’, a souligné Pierre François, le PDG de la Pro League, lors d’une conférence de presse en ligne.
  • L’impact de la crise du coronavirus a été limité en 2019-2020. Mais le véritable choc ne sera visible que dans les chiffres de la saison qui vient de s’achever, car les matchs se sont presque entièrement joués à huis clos.
  • Deloitte s’attend à ce que les revenus des clubs professionnels belges baissent de 21 à 33%, ce qui revient à 80 à 120 millions d’euros de moins qu’en 2019-2020. C’est principalement dû à l’absence de recettes de billetterie et à la diminution des recettes commerciales telles que le merchandising.
  • Pierre François souligne également la dimension internationale. Les clubs des grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie et France) effectueront probablement moins de transferts importants. Par conséquent, on s’attend à ce que le marché européen des transferts fonctionne à un rythme plus lent que d’habitude. Cela aura également un effet néfaste sur les revenus des clubs belges, qui ont encore pu réaliser d’excellents revenus de transfert lors de la saison 2019-2020.
  • Pour les grands clubs, lors de la saison 2019-2020, le montant élevé des recettes des joutes européennes a partiellement compensé le manque à gagner en termes de billetterie et de recettes commerciales. À partir de la saison prochaine, le coefficient européen des clubs belges sera soumis à une forte pression, puisque la meilleure saison 2016-2017 sort du calcul quinquennal. Il est fort possible que le champion national belge de 2023 ne soit plus directement qualifié pour la phase de groupe de la Champions League.
  • Alors, comment s’en sortir ? Selon Deloitte et Pierre François, la solution réside dans une politique de jeunes encore plus efficace. ‘Nous avons besoin de plus de jeunes produits comme Charles De Ketelaere (Club Bruges) ou Hugo Siquet (Standard). Car à ce moment-là, vous n’avez pas besoin de faire des transferts entrants. Les salaires de ces joueurs sont également plus modérés. Troisième avantage: le club tire des revenus des transferts de ses jeunes vers les plus grands clubs’, conclut le président de la Pro League.

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