Le président de Nestlé: ‘L’eau est un droit humain mais pas pour remplir sa piscine ou laver sa voiture’

En 2014, Peter Brabeck-Letmathe, président du groupe alimentaire Nestlé, avait expliqué au Financial Times que le problème de l’eau était bien plus urgent que le réchauffement climatique et que l’humanité allait bientôt manquer d’eau. Sur CNBC, Brabeck-Letmathe a réitéré ses craintes de voir le monde faire face à une crise majeure de l’eau d’ici à 2030.

« Nous sommes face à une crise majeure de la gestion d’eau », a-t-il expliqué à CNBC en marge de la Credit Suisse Asian Investment Conference. « Nous gaspillons 20% d’eau en plus pour la consommation humaine que ce qui est disponible ».

Selon des données de l’Organisation des Nations Unies, environ 1,2 milliard de personnes, soit près d’un cinquième de la population mondiale, vivent dans des zones où sévit la pénurie physique d’eau et 500 millions de personnes se rapprochent de cette situation. Par ailleurs, 1,6 milliard de personnes, soit près d’un quart de la population mondiale, font face à un manque d’eau économique.

Au cours des dernières années, Nestlé a réduit sa consommation d’eau de plus de 60% tout en augmentant sa production. En outre, l’entreprise a également travaillé en collaboration avec les gouvernements afin de trouver de meilleures d’utiliser l’eau de façon durable.

En 2013, Nestlé avait une part de 12% du marché de l’eau embouteillée. « Pour une entreprise alimentaire comme la nôtre, il s’agit d’un risque direct et indirect. La chaîne de valeur est liée à cette question de l’eau, des agriculteurs aux consommateurs », a expliqué Peter Brabeck-Letmathe. « C’est la raison pour laquelle nous sommes si impliqués dans la problématique de l’eau ».

« L’eau est un droit humain. Je suis tout à fait d’accord avec cela », estime Brabeck qui précise que les 30 litres d’eau nécessaires aux besoins de base devraient être fournis gratuitement à ceux qui ne peuvent pas se le permettre. Cette quantité ne représenterait qu’environ 1,5% de l’eau gaspillée par jour. Brabeck-Letmathe s’est dit inquiet au sujet des 98,5% d’eau restant : « Remplir d’eau sa piscine n’est pas un droit humain. Laver sa voiture n’est pas un droit humain. Je ne pense pas qu’arroser un terrain de golf soit un droit humain », a-t-il ajouté.

Peter Brabeck- Letmathe a également fait remarquer que les infrastructures pour l’eau connaissaient un déficit d’investissement de plus en plus important. Selon lui, le minimum global est estimé à 770 milliards de dollars par an et le déficit annuel est de 250 milliards de dollars.