Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, laisse entrevoir des hausses des taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation


Principaux renseignements

  • Le président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, pourrait relever les taux d’intérêt afin d’atteindre l’objectif d’inflation de 2 pour cent.
  • Les marchés financiers anticipent désormais une hausse des taux le mois prochain.
  • Les politiques traditionnellement « hawkish » (favorables à un resserrement monétaire) remplacent les discours ambigus afin de garantir la stabilité des prix.

Lors d’un discours d’ouverture prononcé lors du symposium économique de Jackson Hole, Kevin Warsh, président de la Réserve fédérale, a laissé entendre que la banque centrale pourrait relever ses taux d’intérêt si l’inflation ne tendait pas vers l’objectif de 2 pour cent. Il a souligné à cette occasion que la mission première de la Fed était de garantir la stabilité des prix. Selon lui, des mesures supplémentaires seraient nécessaires à moins qu’il n’y ait des preuves manifestes que l’inflation sous-jacente diminue suffisamment rapidement.

Réactions des marchés

Ce changement de discours a été salué par les dirigeants bancaires internationaux, qui jugeaient auparavant les positions de Warsh trop ambiguës. En conséquence, les marchés financiers estiment que la probabilité d’une hausse des taux d’intérêt le mois prochain est plus élevée, même si certains investisseurs restent prudents. Ce sentiment a été partagé par l’ancien président de la Fed de Philadelphie, Patrick Harker. Il a fait remarquer qu’après six années de dépassement des objectifs d’inflation, la banque centrale doit passer des engagements verbaux à des mesures concrètes.

Instruments de politique monétaire et études prospectives

Warsh a consacré une partie importante de son discours à l’analyse de facteurs à long terme tels que l’intelligence artificielle (IA). Il a toutefois réaffirmé que les taux d’intérêt à court terme restaient l’instrument principal pour la mise en œuvre du double mandat de la Fed. Il a précisé que, bien qu’il ait mis en place plusieurs groupes de travail chargés d’étudier les défis économiques à venir, leurs conclusions n’influenceraient pas les décisions politiques immédiates. Par ailleurs, Warsh a souligné l’importance de recevoir des signaux clairs et non faussés du marché pour pouvoir mener efficacement la politique monétaire. Le président de la Fed s’est toutefois abstenu de tout commentaire direct sur les récentes interventions du ministère américain des Finances.

Un retour vers une politique monétaire traditionnelle

Les analystes ont remarqué que Warsh commençait à adopter une approche plus traditionnelle de la politique monétaire. Il se démarque ainsi de l’image d’un responsable trop influencé par la préférence du président américain Donald Trump pour des taux d’intérêt plus bas. Capital Economics a qualifié son dernier message de particulièrement « belliciste » et a laissé entendre qu’une hausse des taux d’intérêt pourrait intervenir plus tôt que prévu si les prochaines données sur les prix restaient obstinément élevées

Analyse des tendances inflationnistes

En ce qui concerne les indicateurs économiques actuels, Warsh a qualifié de minimes les progrès réalisés en matière d’inflation au cours des deux dernières années. Il a souligné qu’une grande partie du panier PCE continue d’augmenter à des rythmes supérieurs aux niveaux d’avant la pandémie, ce qui indique que les tendances sous-jacentes ne se sont pas significativement améliorées. Il a affirmé que l’objectif de 2 pour cent n’était pas négociable et que la Fed devait empêcher les anticipations d’inflation de se dériver.

Perspectives d’avenir et contraintes politiques

Malgré ces mises en garde, Warsh a fait remarquer que, lors de leur réunion de juillet, une majorité de décideurs politiques avait choisi d’attendre de nouvelles données. Il a également constaté que les marchés actuels du crédit et des prêts ne montraient guère de signes de ralentissement sous l’effet du taux directeur compris entre 3,50 et 3,75 pour cent. Bien qu’il se soit abstenu de donner un calendrier précis ou des orientations formelles concernant les mesures à venir, ses remarques constituent une base logique pour un resserrement de la politique monétaire si l’économie continue de faire preuve de résilience alors que les prix restent élevés. (ev)

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