Le parti libéral japonais autorise les femmes à participer aux réunions… du moment qu’elles ne parlent pas

Toshihiro Nikai – The Yomiuri Shimbun via AP Images/Isopix.

Après la polémique du président des JO de Tokyo qui affirmait ‘que les femmes parlaient trop’, c’est au tour du secrétaire général du LDP de faire la Une de la presse internationale. Point commun entre les deux hommes: ils ont plus de 80 ans. La place des femmes au Japon est exposée aux yeux du monde entier.

Toshihiro Nikai a 82 ans. Il est le secrétaire général du Parti libéral démocrate au Japon (le parti de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe). Ce mardi, visiblement fier de lui, il a convié les journalistes pour une conférence de presse. Ils décidaient dans la foulée d’apporter une perspective féminine aux réunions politiques décisionnelles de son parti, réservées jusqu’alors uniquement aux hommes.

Le LDP a proposé de permettre à 5 femmes parlementaires de se rendre aux réunions. À une consigne près: elles ne peuvent pas parler durant la réunion. Elles peuvent éventuellement donner leur opinion par après.

Nikai estimait, au vu des critiques sur la domination masculine des réunions de son parti, qu’il était important que les femmes ‘observent’ le processus de décision: ‘Il est important de bien comprendre qu’elle genre de discussions ont lieu ici. Jetez un œil pour voir de quoi il s’agit’, relate la BBC.

Une nouvelle séquence lunaire après les propos du président des JO de Tokyo, il y a seulement quelques jours. Yoshiro Mori, 83 ans, estimait que ‘les femmes parlaient trop’ et étaient incapables de tenir leur temps de parole lors des réunions. Il a finalement dû s’excuser publiquement puis démissionner.

La place des femmes au Japon

La place des femmes nipponnes. Une problématique souvent moins connue du côté occidental. Les valeurs anciennes et les traditions ancestrales bloquent souvent les femmes dans leur développement. Nombreuses sont celles cantonnées au foyer, devant répondre à leurs obligations de mère et d’épouse. Dès 2013, Shinzo Abe lançait la campagne ‘Womenomics‘ qui devait permettre à davantage de femmes d’intégrer l’économie et prendre part aux processus de décision.

Les résultats chiffrés restent décevants. Selon un rapport émis en 2018 par le Forum économique mondial qui concerne la parié hommes-femmes, le Japon se classait 110e sur 149. Le rapport de 2020 est encore moins flatteur: 121e sur 153 pays.