Le Parlement européen au sujet du budget et de la relance: ‘Nous ne ferons aucune nouvelle concession’

La conférence des présidents du Parlement européen s’est fendue mercredi d’un communiqué laconique sur l’actuel blocage du budget à long terme de l’UE et de l’instrument de relance censé soutenir la relance économique dans chaque État membre. La présidence de l’assemblée et celles des groupes politiques du Parlement le confirment: pas question de revenir sur les accords dégagés avec les négociateurs du Conseil.

‘Nous ne ferons aucune nouvelle concession’ conclut le communiqué, sans appel. Par ailleurs, et sans surprise, les présidents ‘déplorent le retard’ qu’entraine le véto de la Pologne et de la Hongrie sur le budget et la relance. ‘Les accords obtenus (tant sur le CFP que sur l’État de droit) sont des accords conclus et ne peuvent en aucun cas être rouverts’.

Sur le mécanisme liant les financements européens au respect de l’État de droit et des valeurs fondamentales, négociateurs du Conseil (États membres) et du Parlement avaient annoncé un accord le 5 novembre. Il s’agissait là d’une revendication-phare des eurodéputés, qui souhaitaient renforcer et préciser un mécanisme dont le principe avait été validé par les chefs d’État et de gouvernement en juillet dernier.

Cet accord avait ensuite permis aux deux institutions d’atteindre un accord global sur le budget 2021-2027 la semaine dernière, qui nécessite cependant d’être validé à l’unanimité des 27 au niveau du Conseil. C’est là que Hongrie et Pologne, mécontentes de l’accord sur l’État de droit, ont mis leur véto lundi dernier. Ce qui bloque de facto le prochain budget à long terme de l’UE, et l’instrument de relance à 750 milliards qui doit soutenir les États dès l’an prochain. Budapest et Varsovie ont en effet également refusé de donner leur feu vert au texte qui permettra juridiquement à la Commission d’emprunter ces 750 milliards. Pour le moment, impossible de savoir via quels moyens les autres États vont pouvoir convaincre la Hongrie et la Pologne de revenir sur leur véto.

‘Puni comme des enfants’

Le Parlement européen doit d’ailleurs, dans tous les cas, approuver le budget à long terme pour qu’il soit validé. Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a appuyé son propos mercredi face à son Parlement, parlant d’une ‘UE dans laquelle il y a une oligarchie européenne qui punit les plus faibles’ des États membres. ‘Nous disons ‘oui’ à l’Union européenne, mais ‘non’ au fait d’être punis comme des enfants. ‘Non’ aux mécanismes qui signifient que la Pologne et d’autres pays sont traités de manière inéquitable’, a-t-il ajouté.

Mardi, la Slovénie semble s’être ajoutée au camp de la Pologne et de la Hongrie, via un courrier inquiet au président du Conseil européen. Jeudi a lieu une vidéoconférence des dirigeants des 27. La lutte contre la pandémie est au programme, mais le blocage du budget sera sans aucun doute abordé également. De source bien informée, on n’attend cependant pas encore de solution, jeudi. Il faut s’attendre encore au moins à quelques journées de marchandages politiques et d’incertitude, ajoute cette source.