Le NH90 français est-il vraiment un bon hélicoptère pour l’armée ?

L’armée norvégienne abandonne désormais définitivement les hélicoptères NH90. Les avions ne répondent pas aux attentes des hauts gradés de l’armée, et les retards répétés de livraison et la faible fiabilité ont été des facteurs décisifs. Notre pays utilise également des NH90, mais est-ce le bon choix ?

Après une étude approfondie menée par l’armée norvégienne, en collaboration avec l’agence des équipements de défense et l’établissement de recherche de défense norvégien, il a été décidé que le NH90, même après un investissement financier important, ne répondait pas aux exigences de l’armée.

Le gouvernement norvégien a donc décidé d’annuler le contrat avec NHIndustries, le fabricant de l’hélicoptère. La Norvège exige le remboursement intégral des hélicoptères et des pièces détachées, qu’elle renverra au fabricant. Le coût est estimé à 5 milliards de couronnes norvégiennes, soit environ 500 millions d’euros.

Le pays scandinave a commandé les 14 premiers hélicoptères en 2001 pour les garde-côtes et le service de déminage. En 2008, lorsque tous les hélicoptères devaient être livrés, la Norvège n’en avait que huit.

Aujourd’hui, seuls treize ont été livrés, mais NHI a promis pendant longtemps qu’elle livrerait le dernier hélicoptère d’ici 2022. Récemment, cette date a été à nouveau reportée à 2024. De plus, les appareils sont extrêmement fragiles : la flotte devrait passer 3.900 heures de vol par an, mais n’en atteint que 700. Les pièces s’usent trop vite, si bien que les hélicoptères passent plus de temps en atelier que dans les airs.

Quid de la Belgique ?

En Belgique (et aux Pays-Bas), on discute également de la question de savoir si les NH90 sont adaptés à l’armée. Notre pays en compte huit exemplaires, quatre pour la marine et quatre pour la composante aérienne. Nos voisins du nord disposent de 20 appareils.

Les quatre hélicoptères de la Marine belge sont des variants NFH (Naval Frigate Helicopter) utilisés pour la guerre de surface, la lutte anti-sous-marine, et surtout, les missions de recherche et de sauvetage. Les quatre autres sont des TTH, ou hélicoptères de transport tactique. En théorie, il s’agit de la version dépouillée du NFH, utilisée principalement pour transporter des soldats (environ 25 hommes) ou 2.500 kilogrammes de marchandises.

Le cas de la Norvège suscite également une discussion dans notre propre pays. Ici aussi, les variants TTH ne sont pas connus pour être les plus fiables : en 2018, VRT NWS a écrit que les quatre hélicoptères ont tous été cloués au sol pendant un an et demi, en raison de problèmes avec le radar. Pour des hélicoptères qui coûtent 35 millions d’euros chacun, c’est finalement une affaire embarrassante.

Le général de division Philippe Boucké, ancien responsable du service de renseignement militaire ADIV, pointe du doigt principalement la Norvège elle-même, qui aurait dû communiquer une telle décision à l’avance. « Les solutions multinationales fonctionnent mieux lorsque vous commencez par des exigences communes. Commun signifie que vous discutez de ces exigences avec vos partenaires et l’industrie, puis que vous vous en tenez à ce que vous avez convenu », écrit le haut responsable militaire sur Twitter.

(JM)

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