Malgré une certaine incertitude quant au calendrier, le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) a pris une décision. Avant la fin de l’année, les militaires seront à nouveau visibles dans les rues de Bruxelles. Il l’a confirmé ce matin dans l’émission de radio Matin Première sur la RTBF.
Principaux renseignements
- Avant la fin de l’année, l’armée sera déployée à Bruxelles dans la lutte contre les gangs de trafiquants de drogue. C’est ce qu’a confirmé le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR).
- Comme il n’existe pas encore de cadre juridique pour leurs missions, ils patrouilleront dans les premiers mois en binôme avec les services de police.
- Pour l’instant, les militaires ne sont pas autorisés à commettre des actes portant atteinte à « l’intégrité physique ».
Le projet de faire appel à l’armée pour soutenir la police est l’une des priorités du gouvernement actuel afin de rétablir la sécurité à Bruxelles. Le déploiement de militaires dans les rues s’inscrit dans le cadre de la lutte acharnée contre la criminalité liée à la drogue dans la capitale, et en particulier dans les quartiers autour des gares. Pourtant, ces dernières semaines, le dossier semblait dans l’impasse politique. Alors que Quintin insistait pour une mise en œuvre rapide, le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) a freiné des quatre fers.
Compromis après consultation avec la Défense
Le cœur du débat portait sur le cadre juridique. Le ministre Francken avait précédemment indiqué qu’il ne souhaitait envoyer ses troupes dans les rues qu’à partir d’avril 2026. D’ici là, une législation solide devrait être mise en place afin de conférer aux militaires des pouvoirs policiers étendus, tels que la fouille des suspects, le contrôle des cartes d’identité et les arrestations.
Après d’intenses consultations entre les ministères de l’Intérieur et de la Défense, une percée a finalement été réalisée. « L’objectif reste inchangé : ils seront là avant la fin de l’année », déclare Quintin. La solution réside dans un compromis. Les militaires arriveront plus tôt, mais avec des tâches plus limitées en attendant la nouvelle loi en 2026.
Patrouilles mixtes dans les stations de métro
Concrètement, cela signifie que, dans un premier temps, les militaires auront uniquement un rôle de soutien. Ils opéreront dans le cadre de « patrouilles mixtes », toujours accompagnés par les services de police. Le mandat spécifique leur permettant d’agir de manière autonome n’ayant pas encore été défini, les soldats ne sont pour l’instant pas autorisés à commettre des actes portant atteinte à l’intégrité physique. Il s’agit par exemple des fouilles. Jusqu’à nouvel ordre, ces tâches restent exclusivement réservées aux agents de police qui les accompagnent.
L’opération se concentre spécifiquement sur les points chauds de la nuisance liée à la drogue : les grandes gares ferroviaires et stations de métro. La priorité est donnée aux zones autour de Bruxelles-Sud et Bruxelles-Nord, qui souffrent de la pression des trafiquants de drogue et de la criminalité qui y est associée.

