Le gouvernement et les PME négligent quelque chose d’important dans la lutte contre la pénurie de main-d’œuvre

Depuis quelque temps, la Belgique entrepreneuriale souffre d’une grave pénurie de personnel. SD Worx a récemment titré qu‘un quart des PME flamandes doivent refuser du travail pour cette raison. Une autre moitié des PME ont indiqué qu’elles ne recevaient pas suffisamment de candidats qualifiés. Les solutions proposées se situent principalement dans la promotion du travail à temps plein et le soutien des politiques de ressources humaines.

Il est frappant de constater que l’automatisation n’a pratiquement pas été évoquée. Étrange, car dans un marché du travail où le nombre de postes vacants est (beaucoup) plus élevé que le nombre de personnes disponibles, les entreprises devraient davantage se tourner vers l’automatisation comme partenaire dans la lutte contre la pénurie. Après tout, il y a plus de travail à faire, avec moins d’employés et en moins de temps. L’automatisation rend les organisations moins dépendantes de la taille de leur main-d’œuvre, et permet également aux personnes de faire un travail plus qualitatif.

Les gens font la différence

Les robots manquent de quelques qualités humaines, et il ne semble pas qu’ils soient prêts à les acquérir de sitôt. La créativité, le sens de l’objectif et l’humour sont autant d’éléments que nous ne pouvons pas encore programmer. Quelles que soient les possibilités d’automatisation qui existent ou qui se présentent dans les entreprises et les PME, les personnes joueront toujours un rôle crucial. Leurs tâches ne feront que changer. Comme les ordinateurs se concentrent sur les tâches faciles et routinières, les gens pourront être employés à des postes importants où il n’y a pas – ou moins – de place pour les ordinateurs.

Réunion à 4 ou 6 ?

Mais que faire si ces personnes sont de plus en plus difficiles à trouver, ou si elles abandonnent ? Les taux d’absentéisme en Belgique continuent de fluctuer, rapportait SD Worx pas plus tard qu’en avril. Pourtant, l’économie belge a « continué à tourner normalement ». Apparemment, la disponibilité immédiate et continue du personnel n’est pas une condition préalable au succès. Tant que suffisamment de personnes sont présentes aux bons endroits, les entreprises s’en sortent.

Qu’une réunion commence avec quatre ou six personnes importe peu. Tout dépend de la qualité des participants, et non de leur nombre. Il en va différemment pour le travail de production ou les fonctions administratives. Il manque deux opérateurs sur huit dans l’atelier de fabrication ? C’est un problème sérieux. Le service administratif fonctionne avec quatre employés à temps plein, et l’un d’entre eux manque inopinément à l’appel ? Le motif de l’absence n’a pas (beaucoup) d’importance en matière d’absentéisme. La nature du travail à effectuer bien. Dans une salle de réunion, il peut y avoir des absents. Derrière la machine, non. Pour les tâches de routine, il n’y a donc pratiquement aucune échappatoire à l’automatisation : l’employé extrêmement précis et fiable, toujours disponible. Automatisez lorsque vous le pouvez, afin de toujours avoir des personnes disponibles là où vous le souhaitez.

Le moteur doit tourner

Si les fluctuations de la main-d’œuvre des PME sont une évidence, les entrepreneurs ont tout intérêt à ce que le plus grand nombre possible de leurs collaborateurs effectuent un travail de qualité et/ou créatif. En d’autres termes : que le moteur continue de tourner, même si ces personnes ne peuvent ou ne veulent pas être là un jour, ou si elles ne sont tout simplement pas disponibles en raison des pénuries sur le marché du travail.

Pensez à une entreprise comme à un moteur à combustion interne. Les processus d’affaires « exécutifs » sont les pistons, les tuyaux et le carburant qui le font fonctionner. Sans essence, il ne rugit pas. L’approvisionnement en essence doit donc être constant et automatisé. Les personnes créatives dans les sociétés sont comme l’équipe d’ingénieurs qui met périodiquement à niveau le moteur. Ce sont les personnes qui permettent à l’entreprise de fonctionner plus rapidement, de se développer et de fournir un meilleur rendement. Elles le font du mieux qu’elles peuvent. Et si elles sont en vacances au soleil, malades ou enceintes ? Ce n’est pas un drame. Car l’automatisation permettra de s’assurer que les roues continuent quand même de tourner.


L’auteur, Joep Hoeks, est Chief Product Officer chez Exact.

(OD)

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